Au secours : trop d’applications pour sauver des vies !

Paris, le samedi 17 mars 2018 – Les difficultés de communication qui peuvent parfois exister entre le Samu et les pompiers sont régulièrement évoquées. Si les professionnels des secours travaillent majoritairement en bonne intelligence, il existe quelques terrains où la coordination n’est pas optimale. C’est par exemple parfois le cas en ce qui concerne la gestion des appels. Or, il semble que ces ratés perdurent à l’ère des nouvelles technologies.

Trouver en quelques clics celui ou celle qui sait masser et activer un DAE

Le recours à des applications fonctionnant grâce à la mobilisation d’une "communauté" d’internautes est apparu comme une méthode simple et efficace pour améliorer l’efficacité des secours dans certaines situations. L’objectif est de pouvoir faire appel rapidement à des personnes maîtrisant les gestes de premiers secours afin d’optimiser les chances de survie et de survie sans séquelle des victimes. Tel est le point de départ de plusieurs applications de secours, qui recensent parallèlement les défibrillateurs cardiaques externes (DAE). « On sait qu’un massage cardiaque commencé très tôt, avec, en plus, l’aide d’un DAE, augmente très fortement les chances de survie de la victime », rappelle cité par 20 minutes le docteur Jérôme Cuny médecin urgentiste au Samu du Nord. Or, aujourd’hui, les DAE restent sous utilisés et rares sont les personnes victimes d’un arrêt cardiaque sur la voie publique qui survivent sans séquelle. Grâce aux applications, les spécialistes des secours espèrent une amélioration des résultats. Ainsi, plusieurs dispositifs ont été lancés, dont le dernier en date est l’application Sauv Life du CHRU de Lille.

Trop d’applications empêchent l’application ?

Mais ces initiatives louables risquent de se heurter une nouvelle fois à un manque de coordination. Les applications se multiplient en effet, puisque Sauv Life fait écho au Staying Alive lancé par les pompiers du Nord, qui après avoir été longtemps payant est désormais accessible gratuitement. De la même manière d’autres pompiers et SAMU s’intéressent à ce type de dispositif. Ce télescopage pourrait être contre-productif : « Cet effet de concurrence est regrettable. Il aurait été préférable de mutualiser les forces sur une seule application, car les bons samaritains ne vont pas en télécharger plusieurs » remarque Patrick Hertgen, médecin chef des pompiers du Nord interrogé par 20 minutes.  Certains redoutent ainsi que la multiplicité des systèmes favorise une confusion conduisant à retarder les soins plutôt qu’à les accélérer. Une observation qui signale une fois encore à quel point il est essentiel que les appels à la coordination ne restent pas virtuels.

Aurélie Haroche

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