Des cellules souches embryonnaires agencées en 3 D grâce au bioprinting !

Edimbourg, le samedi 9 février 2012 –  Depuis quelques années l’impression d’objet en trois dimensions a le vent en poupe dans les milieux industriels. En octobre 2012, Fabien Guillemot qui travaille à l’INSERM sur le développement de « technologies pour synthétiser les tissus, notamment par l’impression 3D » offrait sur le site de l’Université de Bordeaux, une définition assez claire de ce qu’est l’impression en 3D : « Le principe est simple : on dessine une structure 3D avec un ordinateur puis on l’imprime. L’imprimante dépose des couches successives de matière (métal, plastique, etc.) pour reproduire la forme modélisée sur l’ordinateur. L’industrie utilise ce procédé pour fabriquer par exemple des pièces métalliques … les architectes pour produire des maquettes de bâtiments. Les applications sont nombreuses et innovantes. On peut aussi utiliser ces procédés pour manipuler des cellules vivantes et créer des tissus ». C’est ce que l’on appelle le bioprinting.

Recréer du cartilage de souris grâce à l’impression en 3D

Le bioprinting n’en est aujourd’hui qu’à ses balbutiements bien que quelques exploits aient déjà été remarqués. Le site Futura Sciences évoque ainsi comment en novembre dernier la technique du bioprinting a permis de « recréer du cartilage » de souris parfaitement fonctionnel. Des travaux semblables ont également été menés avec succès avec des cellules souches embryonnaires de rongeurs. Des difficultés accrues ont cependant émergé quand il s’est agi de tenter la même expérience avec des cellules souches humaines, bien plus fragiles que celles prélevées chez la souris. Il semble cependant qu’aujourd’hui, une équipe de l’Université Heriot-Way d’Edimbourg conduite par le professeur Will Shu ait réussi à contourner les difficultés techniques.

Des cellules qui résistent bien

L’imprimante 3D contrôlée par ordinateur fabriquée par les chercheurs britanniques couplait deux « encres biologiques ». La première était composée d’un milieu de culture contenant des cellules souches et la seconde uniquement d’un milieu de culture. Le site Futura Sciences nous décrit : « Grâce à un système à air comprimé contrôlé par l’ouverture ou la fermeture d’une microvalve, les quantités déposées sont extrêmement précises ». L’équipe de Will Shu pouvait ainsi ne déposer que cinq cellules. Il a été ainsi démontré que des cellules souches embryonnaires pouvaient résister à une opération d’impression. Shu et coll. sont en effet parvenus à agencer en trois dimensions les cellules souches embryonnaires sans les détruire et sans rien leur faire perdre de leur pluripotence. 24 heures après l’opération 95 % des cellules étaient encore vivantes et 89 % 48 heures plus tard. Grâce à un marqueur, les chercheurs ont également pu constater que leur « pluripotence » était intacte. Ces résultats publiés dans la revue Biofrabrication révèlent la faisabilité d’une « impression en 3D » de cellules souches. Néanmoins, le fantasme entretenu par la technique du Bioprinting, de la création par cette méthode d’organes complets reste encore extrêmement lointain. Cependant, dores et déjà peut-on envisager que le bioprinting puisse demain permettre d’obtenir des tissus utilisés pour tester des substances chimiques.

Aurélie Haroche

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