Elémentaire, mon cher Watson

Paris, le samedi 16 février 2013 – Watson a bien changé depuis qu’il amusait le monde entier en devenant le champion du monde au jeu « Jeopardy » qui consiste à trouver la question qui correspond à une réponse donnée.

En 2011, il avait passionné les foules en s’y révélant  imbattable. Son atout : sa capacité à compulser en quelques secondes 200 millions de pages d’informations sur le web. Mais à l’époque, Watson était composé de 90 serveurs IBM Power 750 nous rappelle le site Numerama. Difficile d’envisager qu’il puisse être facilement transportable !

Dialogue entre un ordinateur et un médecin

Deux ans plus tard, la physionomie et la performance de Watson ont bien changé. Sa puissance est désormais contenue dans un unique serveur de taille traditionnelle ce qui n’a nullement nuit à sa célérité puisque sa vitesse dépasse désormais de 240 % celle qu’il atteignait en 2011. Mais surtout Watson est passé à des activités beaucoup plus sérieuses. De champion incontesté à Jeopardy, il est devenu assistant médical de haute technologie. L’idée : à partir des différentes informations concernant la situation médicale d’un patient (de la description des symptômes jusqu’aux entretiens et en passant par les suggestions des médecins) et en les comparant aux milliers d’informations se rapportant à un tel cas, le supercalculateur Watson pourrait devenir un allié incontournable pour les praticiens. « L’ordinateur analytique peut engager avec le professionnel une discussion collaborative dans le but de déterminer le diagnostic le plus vraisemblable et les options de traitement » explique, docte, IBM. Bien sûr, il ne s’agit pas de remplacer le médecin, rassure-t-on mais de l’éclairer et de le soutenir face aux énigmes médicales. De jouer en quelque sorte le rôle du Docteur Watson aux côtés de Sherlock Holmes.

Dr Watson contre Dr House

Des institutions américaines ont déjà été séduites par le dispositif. Le Center for Cancer Medicine dans le Maine, le WestMed dans le comté de Westchester, le Memorial Sloan-Kettering à New York (prestigieux centre de traitement et de recherche sur le cancer) et le réseau de la Cleveland Clinic se sont déjà rapprochés d’IBM pour utiliser Watson dans les semaines ou les années à venir. Pour ce faire, Watson aurait déjà, selon le magazine Forbes intégré deux millions de pages d’informations médicales, analysé 25 000 cas pratiques et subi 14 700 heures de calibrage !

Mais le supercalculateur n’intéresse pas seulement les établissements médicaux de pointe. L’assureur WellPoint est également sur les rangs pour l’utiliser. Pour cette compagnie, Watson pourrait permettre de déterminer les cas de prescription abusive d' examens ou de traitements. Alors Watson pourrait ne plus être nécessairement un aussi fidèle allié du corps médical !

Aurélie Haroche

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