Est-ce que coucher avec un androïde c’est tromper ?

Duisbourg, le samedi 27 avril 2013 – A travers le monde, et notamment au Japon, plusieurs universités et entreprises de biotechnologie, travaillent à l’élaboration de robots « humanoïdes » qui seraient capables de réaliser de nombreuses tâches pour assister les personnes âgées et ou handicapées. Au fur et à mesure des progrès technologiques, ces spécimens acquièrent une capacité d’actions de plus en plus large et plus que des « aidants » ces robots pourraient être amenés à devenir de véritables « compagnons » pour certains d’entre nous. Les hommes sont-ils cependant prêts à accueillir dans leur maison ces produits de la technologie ? Sans doute, si l’on en croit les résultats de deux études conduites par des chercheurs de l’université de Duisbourg (Allemagne), qui devraient faire l’objet d’une présentation en juin lors de la 63ème conférence annuelle de l’Association internationale de communication à Londres.

Ne tirez pas sur le robot !

Ces travaux relatés par le Figaro révèlent le degré d’empathie nourri par les hommes à l’égard des robots. Premier test : quarante personnes ont été invitées à visionner différentes scènes dans lesquelles un petit robot figurant un dinosaure était tour à tour traité chaleureusement et avec violence. L’attention des participants a été évaluée à l’aide de différents paramètres et notamment la conductivité électrique de la peau censée permettre de déterminer l’émotion ressentie par les spectateurs. Ces derniers ont également été invités à faire part de leurs perceptions à l’issue de la projection. Résultat : les sujets ont été éprouvés par les scènes où le petit robot subissait des mauvais traitements et ont manifesté en visionnant ces violences un degré « d’éveil psychologique » plus important que lorsque le dinosaure-robot était gentiment bercé.

L’empathie plus forte à l’égard de ses semblables

Mais jusqu’où va cette empathie avec les robots ? Un deuxième test conduit en collaboration avec l’Institut de résonance magnétique d’Essen a permis de répondre à cette question. Les participants étaient cette fois au nombre de quatorze et leur activité cérébrale était observée par IRM fonctionnelle tandis qu’ils visionnaient d’autres séquences. Ici alternaient des images où des hommes, des robots ou des objets inanimés étaient tour à tour dorlotés et martyrisés. L’activation des structures limbiques s’est révélée semblable selon que les séquences montraient un homme ou un robot affectueusement traité. Par contre, le sentiment de compassion est apparu plus élevé quand les hommes apparaissaient en mauvaise posture, comparativement à la présentation de scènes où les robots se faisaient châtier. Ainsi, peut-on supposer que sensible à la douleur infligée à des robots (qui ne la ressentent pourtant pas), les hommes éprouvent cependant plus d’empathie pour les humains ! Ouf !

Le robot est un homme (ou une femme) comme les autres

Ces résultats n’étonneront pas ceux qui se seront arrêtés sur un sujet d’enquête pour le moins original proposé par l’édition américaine du Huffington Post. On y découvre que 9 % des Américains seraient prêts à avoir des relations sexuelles avec un androïde ! Une aventure avec un robot ne serait d’ailleurs pas considéré comme une passade sans conséquence puisque seuls 31 % des Américains estiment que faire l’amour avec un androïde n’équivaut pas à tromper son partenaire !

Aurélie Haroche

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