La belle histoire de l’IRCAD

Strasbourg, le jeudi 15 novembre 2018 – Permettre à des chirurgiens du monde entier de s’initier aux pratiques innovantes et aux nouvelles technologies et leur offrir la possibilité de se perfectionner : tel était l’objectif de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (IRCAD) lorsqu’il a été créé en 1994 par le chirurgien strasbourgeois Jacques Marescaux. A l’époque déjà, le praticien veut rompre avec les techniques traditionnelles d’apprentissage, souvent peu efficaces. « Avant pour apprendre à opérer, vous alliez dans un bloc opératoire, vous étiez une dizaine à observer, assis sur des tabourets, collés au chirurgien, avec des risques d’erreurs de stérilité, vous gêniez tout le bloc… et en plus vous n’appreniez pas grand-chose puisqu’on ne voyait quasiment rien » explique aujourd’hui le praticien. Si sa détermination était sans faille et ses buts bien définis, les ambitions de Jacques Marescaux étaient cependant modestes : il espérait pouvoir former 150 chirurgiens par an.

Simulation sur tissus vivants

Vingt-cinq ans plus tard, ce chiffre est largement dépassé, puisque ce sont plus de 6 000 chirurgiens de 120 nationalités différentes selon des données citées cette semaine par l’AFP qui ont franchi les portes de l’IRCAD l’année dernière. Sans risquer de déranger les équipes, ces chirurgiens souvent déjà aguerris ont cependant pu assister en direct à des interventions par le biais de retransmissions vidéo. Grâce à des images d’une grande qualité, ils ont observé avec précision les gestes à effectuer et les méthodes de manipulation des nouveaux outils. Par ailleurs, pendant l’intervention et/ou après, ils ont pu poser leurs questions aux équipes travaillant souvent quelques étages au-dessus d’eux (l’IRCAD est un centre privé de recherche médicale situé sur le site des Hôpitaux universitaires de Strasbourg). « C’est très intéressant, j’ai appris beaucoup de petits trucs que je vais appliquer dans mes interventions » se félicite le docteur Diogo Marinho, chirurgien portugais qui a récemment assisté à une session de formation.

Outre le visionnage d’interventions, ces sessions supposent des exercices de simulation sur des tissus vivants, dans une salle comptant pas moins de 20 blocs opératoires ultra perfectionnés ! Enfin, de retour chez eux, les praticiens peuvent poursuivre leur perfectionnement en se connectant à la chaîne Youtube de l’IRCAD, Websurg qui compte 360 000 utilisateurs. Se perfectionnant sans cesse, l’IRCAD accorde aujourd’hui une place croissante à la robotique et à l’intelligence artificielle, faisant ainsi progresser constamment sa notoriété.

Léa Crébat

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