Las Vegas au secours des handicapés

Paris, le samedi 14 janvier 2017 – Les nouvelles technologies sont souvent présentées comme porteuses d’amélioration pour les personnes souffrant de handicap. Cependant, les outils censés répondre à cette promesse relèvent parfois du gadget : non seulement ils restent difficiles à utiliser, mais surtout leurs bénéfices sont limités. Si le salon mondial d’électronique, le célèbre CES (Consumer Electronics Show) de Las Vegas, qui s’est déroulé la semaine dernière a également vu son lot de dispositifs plus insolites qu’utiles, quelques projets ont retenu l’attention.

Beaucoup s’inscrivent dans des voies déjà exploitées depuis plusieurs années. Ainsi, BrainRobotics a présenté les dernières avancées de son projet de commercialiser une prothèse de main qui fonctionnerait grâce à l’enregistrement des signaux électriques des muscles résiduels. Plusieurs équipes de recherche ont mis en évidence ces dernières années la possibilité de mouvoir des prothèses en s’appuyant sur ces signaux électriques. Le projet de BrainRobotics vise à mettre le fruit de ces travaux à la portée des patients, en développant une prothèse dont le prix ne dépasserait pas 3 000 dollars (quand les premiers prototypes frôlent plusieurs dizaines de milliers) et dont le maniement ne nécessiterait que quelques semaines d’expérimentation à domicile.

Les exosquelettes ne joueront pas tout de suite à domicile

C’est également un système qui concerne les handicapés moteurs et qui s’inscrit dans la lignée d’autres projets industriels et de recherche qu’élabore Hyundai. Un prototype d’exosquelette robotisé a été présenté lors du CES : il promet de permettre aux patients paraplégiques de se lever, marcher, voire monter les escaliers. H-MEX est attaché au corps de l’utilisateur au niveau de la taille, des cuisses, des genoux et des pieds. Doté d’un système de motorisation, le dispositif, à la différence de celui en cours de développement chez BrainRobotics est destiné aux hôpitaux et non à une utilisation domestique. C’est dans cette même direction que travaillent aujourd’hui la plupart des firmes qui développent des exosquelettes, notamment la française Japet à Lille. Il s’agit donc plus certainement de dispositifs visant à faciliter le travail des professionnels de santé qu’à améliorer l’autonomie des malades.

Pour en croire ses yeux

A l’inverse, les programmes qui s’intéressent aux handicaps sensoriels se destinent à améliorer la vie quotidienne des patients. Ainsi, la société israélienne Orcam a fait au CES la démonstration de l’utilité d’un minuscule appareil baptisé My Eye. Caméra microscopique qui se place facilement sur une branche de lunettes, ce système est aujourd’hui commercialisé (par exemple en France par l’intermédiaire d’Essilor). Les images captées par la caméra sont instantanément décrites et soufflées à l’oreille de l’utilisateur : un texte peut ainsi être lu ou les produits du supermarchés identifiés. Le dispositif est également doté d’un système de reconnaissance visuelle qui offre la possibilité de déterminer quelle personne se trouve en face de vous ! Autant d’innovations qui permettent d'espérer que les développements technologiques de ces dernières années contribueront demain à une réelle amélioration de la qualité de vie quotidienne des personnes handicapées, même si beaucoup doivent encore se perfectionner pour passer de l’état de projet à des systèmes largement disponibles.

Léa Crébat

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