Le cerveau, bientôt un ordinateur comme les autres ?

Fok et Alex Neckar, les deux doctorants ayant développé le Neurogrid
Stanford, le  samedi 17 mai 2014 – Depuis l’avènement de l’informatique, des ingénieurs poursuivent un rêve : mettre au point un système qui pourrait concurrencer le cerveau. La tâche est plus qu’ardue, car bien que truffé de bugs, notre encéphale n’est pas dénué d’avantages. Il jouit en effet d’une puissance jusqu’à aujourd’hui inégalée tout en consommant une énergie très faible. A titre de comparaison, un ordinateur nécessiterait 15 à 20 mégawatts pour réaliser des tâches qui n’imposent à notre cerveau qu’une dépense énergétique de 20 à 30 watts. Pour approcher ce rendement exceptionnel, des équipes du monde entier ont multiplié les prouesses techniques, réduisant les unes après les autres le nombre de processeurs nécessaires pour simuler le travail de nos neurones, sans pourtant jamais égaler le cerveau.

Une dépense énergétique 40 000 fois moindre que les ordinateurs actuels

Sans atteindre non plus ce but, des jeunes chercheurs de l’université de Stanford, conduits par Kwabena Boahen ont franchi une étape très importante. Ils viennent en effet de présenter dans la revue Proceedings of the Institute of Electrical and Electronic Engineers un circuit intégré qui dépasse de loin tous ceux mis au point jusqu’alors. Baptisé « Neurogrid », il se compose « simplement » de 16 microprocesseurs, encore appelées puces Neurocore, qui chacune sont capables de simuler 65 536 neurones, soit au total un million de neurones. Il s’agit d’une prouesse très supérieure aux autres simulations du cerveau. En effet, Neurogrid est bien moins gourmand en énergie que ses prédécesseurs puisqu’il en consomme 40 000 fois moins que les ordinateurs actuels tout en étant 9 000 fois plus rapide. Cependant, on est encore loin de la puissance d’un cerveau humain qui avec une énergie trois fois moindre fait fonctionner 80 000 fois plus de neurones… Neurogrid serait plutôt assimilable à celui d’une souris.

400 000 euros pour une tablette !

Les applications de Neurogrid pourraient être nombreuses, notamment en robotique, mais aussi pour permettre l’activation de prothèses. Cependant plusieurs étapes restent encore à franchir. D’abord, les concepteurs de Neurogrid doivent se concentrer sur la programmation de leur dispositif… afin qu’il puisse effectivement fonctionner à la manière d’un cerveau. Puis, il conviendra de réduire le coût de production de ce dispositif. Aujourd’hui, celui qui a la même taille qu’une tablette vaut la modique somme de 400 000 euros. Cependant, les concepteurs ont bon espoir de pouvoir diviser prochainement ce coût par dix grâce à une adaptation des machines. Mais si Neurogrid constitue certainement une avancée majeure dans la recherche de la mise au point d’un système informatique comparable au cerveau, l’espoir demeure de s’approcher plus encore de l’organe humain. « C’est le défi ultime des ingénieurs neuromorphiques ! » rappelle Kwabena Boahen.

Aurélie Haroche

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