Les débuts prometteurs de la valve mitrale High Life

Paris, le samedi 14 octobre 2017 – Si les progrès de la chirurgie cardiaque ont été exceptionnels ces dernières décennies, certains obstacles demeurent. De nombreux patients souffrant d’insuffisance mitrale sont ainsi encore considérés comme "inopérables" en raison de contre-indications opératoires. Le développement de nouvelles prothèses et méthodes  d’implantation promet de répondre à ces cas limites.

Une valve adaptée à l’anatomie de chaque patient et ne nécessitant pas de chirurgie à cœur ouvert

Ainsi, la start up française High Life est-elle à l’origine d’une nouvelle prothèse mitrale. Cette dernière se caractérise par la jonction de deux dispositifs : un implant annulaire et une prothèse de valve mitrale. Le bénéfice de cette présentation est une meilleure adaptation à l’anatomie de chaque patient. La méthode d’implantation de cette valve est également innovante : elle ne nécessite pas de chirurgie à cœur ouvert et repose sur l’acheminement  de la valve au site d'implantation par cathétérisme « de façon minimalement invasive, à cœur battant » explique le CHU de Toulouse. Quatre étapes sont ainsi nécessaires pour poser la valve : « le positionnement d’un implant annulaire autour de la valve mitrale native, l’ouverture de la partie ventriculaire de la prothèse, l’avancement vers l’anneau mitral natif, l’ouverture de la partie auriculaire de la prothèse » énumère l’établissement hospitalier.

Une implantation simple, des résultats presque immédiats

Après les premiers essais chez l’animal et les différents tests de sécurité, la valve mitrale High Life est désormais l’objet d’une étude clinique en Europe ; un essai prospectif multicentrique, dont l’objectif est de compter vingt patients a été initié. Plusieurs équipes françaises participent à ce programme et le CHU de Toulouse a réalisé sa première implantation après huit interventions réussies à Catane (Italie) et à Kiev (Ukraine). La patiente est une femme de 69 ans « présentant une fuite mitrale importante responsable d’une insuffisance cardiaque. Son état général n’était pas compatible avec une chirurgie cardiaque conventionnelle qui aurait été à très haut risque » explique le CHU de Toulouse. Aussi, figurait-elle comme une candidate potentiellement idéale pour le recours à la valve mitrale High Life.

L’implantation de la prothèse, « délivrée par voie trans-cathéter à cœur battant » a été réalisée à la fin de l’été par le Professeur Bertrand Marcheix (chef du service de chirurgie cardio-vasculaire de l’hôpital de Rangueil) et le Docteur Thibault Lhemuisier (cardiologue, praticien hospitalier). « L’implantation de la prothèse a été relativement simple. L’implant annulaire a pu être mis en place par simple ponction d’une artère fémorale. L’implant valvulaire a ensuite été déployé via la pointe du ventricule gauche au travers une incision cutanée de moins de 5 centimètres. L’intervention a permis une correction parfaite de la fuite mitrale. L’amélioration fonctionnelle de la patiente a été rapide en quelques jours » indiquent les deux praticiens. La patiente a pu rentrer chez elle après dix jours d’hospitalisation.

Plusieurs interventions concluantes

Deux autres interventions ont suivi cette première, à l’Hôpital Salpêtrière (sous la direction du professeur Jean-Philippe Collet) et au CHU de Rennes (sous la direction d’Hervé Le Breton). La réussite de ces trois opérations semble confirmer la qualité et la bonne adaptation de la prothèse. La fin de l’essai devrait permettre de décider l’élargissement de l’évaluation, en vue d’une commercialisation et d’une utilisation en pratique clinique de cette valve.

Aurélie Haroche

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