L’implant qui vous voulait du bien

Lausanne, le samedi 30 mars 2013 – Comment améliorer la prise en charge des patients atteints de maladie chronique tout en préservant leur qualité de vie ? Il faudrait par exemple pouvoir mesurer plus fréquemment certains paramètres afin de faciliter l’adaptation des thérapeutiques, sans pour autant que cette multiplication des contrôles n’entraîne un nombre éprouvant de prélèvements. Pour répondre à ce défi, les chercheurs s’intéressent depuis plusieurs années aux promesses des « implants sous cutanés ». L’utilisation de cette technologie suppose de relever de nombreux obstacles dont celui de l’innocuité des dispositifs, leur miniaturisation et leur alimentation. Autant de difficultés contournées par l’équipe de Giovanni de Micheli et Sandro Carrara, au sein de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Quelques millimètres cubes d’implant et un patch

Les deux chercheurs viennent de présenter à Grenoble, à l’occasion de la conférence européenne d’électronique DATE 13, un implant de quelques millimètres cubes capable de remplir la fonction d’un laboratoire d’analyse ! Il s’agit d’un dispositif long de 14 millimètres, dont le diamètre ne dépasse pas deux millimètres. Pour « capter » les substrats visées, différentes enzymes sont utilisées. Au total, l’implant peut identifier jusqu’à cinq substances. Pour l’heure, les recherches se sont concentrées sur la mesure du glucose, du cholestérol, de l’ATP, du lactate et du glutamate et d’autres pourraient être ajoutées à la liste. Mais la plus grande prouesse de l’équipe de l’EPFL réside probablement dans le mode « d’alimentation » de cet implant. « Ce n’était pas évident de faire fonctionner un tel système avec seulement un dixième de watts de puissance » expliquent les chercheurs qui ont notamment dû concevoir une minuscule bobine chargée de recevoir l’énergie électrique transmise par un patch. C’est ce dernier « muni de batteries [qui] transmet le dixième de watt nécessaire au fonctionnement de l’implant, à travers la peau du patient » explique un communiqué de l’EPFL, ce qui permet d’éviter des interventions invasives pour changer les batteries. Ce patch sert également de relai pour envoyer par Bluetooth les mesures collectées au médecin.

Des applications diverses

Les premières évaluations de ce dispositif se sont révélées positives. Chez l’animal, la bonne tolérance de l’implant a été confirmée, tandis que les résultats obtenus sont comparables à ceux délivrés par des analyses biologiques classiques. Demeurent cependant quelques « limites » à pallier et notamment la durée de vie restreinte à un mois et demie des enzymes. En outre, les étapes devraient être encore nombreuses et difficiles avant une commercialisation du dispositif.

Cependant, les chercheurs considèrent que les applications de leur système pourraient être riches et diverses. Suivi des chimiothérapies, adaptation des traitements chez les patients atteints de maladie chronique, dispositif d’alerte. « De manière générale, notre système a un potentiel considérable dans de très nombreux cas où il faut contrôler l’évolution d’une pathologie ou la tolérance à une thérapie » résume Sandro Carrara.

Aurélie Haroche

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