L’Intelligence artificielle enseignée aux médecins

Paris, le samedi 2 octobre 2021 - Les jeunes médecins entendent régulièrement ceux qui les ont précédés dans la carrière remarquer : « Ça, on ne nous l’a pas appris pendant nos études ». La remarque, qui n’est qu’une confirmation de la nécessité en médecine d’une réactualisation régulière de ses connaissances pour s’adapter aux nouvelles découvertes et technologies, pourrait également être prononcée par certains médecins plutôt encore jeunes. Parmi les outils qui semblent en passe de devenir incontournables dans la pratique médicale, nombreux ne font en effet l’objet d’aucun enseignement approfondi lors du long cursus d’études médicales. Et par exemple le fonctionnement, l’utilisation et les limites de l’Intelligence artificielle, qui est pourtant au cœur d’un nombre croissant d’études et de dispositifs.

Déconstruire les mythes et lutter contre les peurs

Aussi, nombre de praticiens, jeunes et moins jeunes, entretiennent vis-à-vis de l’Intelligence artificielle un sentiment partagé entre fascination et réticence, faute d’une parfaite compréhension des enjeux et surtout des mécanismes. La déconstruction des mythes et des craintes passe évidemment par la pédagogie. Et c’est le projet du docteur Olivier Humbert, spécialiste de médecine nucléaire et membre de l’institut 3IA de Côte d’Azur. Il met en effet en place un Diplôme universitaire à la faculté de médecine de Nice, dont les sessions débuteront en novembre.

Réconcilier médecins et mathématiciens

Comptant 112 heures, cette formation s’étalera sur six mois à raison de deux à trois jours mensuels, composés soit de de séances de cours à distance ou de travaux pratiques en présentiel. Quatre modules sont prévus dédiés aux données de santé, à l’intelligence artificielle fondamentale, à la radiomique, et à l’innovation et l’entrepreneuriat. Bien sûr, dans les colonnes du site What’s up Doc, le Dr Olivier Humbert confirme que le DU « s’adresse surtout à des personnes qui derrière ont déjà une idée de projet ou ont l’envie de mettre les mains dans le cambouis en start-up ou recherche académique ». Néanmoins, pas besoin non plus d’être un petit génie de l’informatique pour participer au cours, puisqu’un module de rattrapage optionnel dédié à la programmation est prévu. L’objectif principal du DU est de combler les écarts qui peuvent exister entre les logiques des mathématiciens qui conçoivent les algorithmes des logiciels d’intelligence artificielle et celles des médecins qui sont très habitués à la consultation des données de santé.  « Cette formation va apprendre aux médecins les fondamentaux du machine learning afin qu’ils ne paraissent plus déconnectés », explicite le docteur Humbert. Pour ce dernier, si ce programme de formation est fondamental, c’est parce que l’IA est loin d’être un gadget, elle constitue l’avenir de l’exercice médical.


L.C.

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