Moins dure sera la chute

Lausanne, le samedi 20 mai 2017 – Plusieurs laboratoires de robotique appliquée à la médecine se consacrent actuellement à la mise au point d’exosquelettes. Ces dispositifs ont d’abord été imaginés pour aider les patients atteints de lésions complètes ou partielles de la moelle à se tenir debout et à marcher. Mais très vite, a été suggéré qu’ils pourraient également se révéler des outils précieux pour lutter contre le fléau que représentent les chutes pour les personnes âgées. C’est sur cette piste que travaillent depuis plusieurs années des chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de la Scuola Sant’Anna de Pise. Ces derniers viennent de présenter dans les colonnes de la revue Scientific Reports un prototype prometteur.

Algorithme

Leur exosquelette n’est pas une armure métallique, mais s’enfile presque de la même manière qu’un pantalon. La structure en  fibres de carbone et dotée de moteurs placés au niveau des hanches pèse cependant plus lourd qu’une couche de tissu : autour de cinq kilos, ce qui pourrait représenter un obstacle pour les personnes âgées les plus fragiles. Le système a pour particularité d’être doté d’un algorithme qui analyse « la configuration de la foulée » de l’utilisateur, comme l’explique un communiqué de l’EPFL. Une fois ces informations enregistrées, l’exosquelette interviendra au moindre changement par rapport à la démarche habituelle du sujet, comme lors d’une glissade ou d’une chute. A cet instant, « les moteurs des hanches entrent en jeu, poussent sur les cuisses pour tendre la jambe et ainsi rétablir l’équilibre » décrit l’EPFL. Le système a été pour l’heure testé par huit patients âgés en moyenne de soixante-neuf ans de l’Hopital Fondazione Don Carlo Gnocchi à Florence et par deux patients amputés au niveau du genou. L’efficacité du dispositif a ainsi été confirmée, tandis que les utilisateurs se sont montrés souvent conquis : « Je me sens plus sûr de moi quand je porte l’exosquelette » a ainsi expliqué Fulvio Bertelli après l’avoir testé sur un tapis roulant provoquant des situations propices à la chute.

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Ne pas entraver les mouvements de celui dont on veut éviter la chute

« Notre étude démontre qu’une telle plateforme robotique peut interagir efficacement avec l’être humain qui la porte lors d’évènements nécessitant une réponse motorisée réactive » observe Vito Monaco. « Ce travail ouvre la voie à une nouvelle génération d’exosquelettes qui sera réellement efficace dans la vie courante grâce à leur capacité à augmenter le mouvement des utilisateurs et à rendre leur mobilité plus stable et sûre » renchérit Nicola Vitiello. Cependant, de nombreuses étapes doivent être remplies avant d’envisager une mise à disposition élargie de cet exosquelette. D’abord, les chercheurs vont s’employer à proposer une version encore plus confortable de leur dispositif : il ne s’agirait pas que ce dernier se révèle contre-productif en entravant les mouvements de l’utilisateur. Par ailleurs, d’autres tests en situation réelle sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et l’utilité du système.

Aurélie Haroche

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