Que la force de la pensée soit avec vous

Lausanne, le samedi 28 octobre 2017 – Les interfaces cerveau-machine sont l’objet de nombreux travaux de recherche et de plus en plus d’expériences significatives ont mis en évidence le potentiel important de ces dispositifs, notamment pour les personnes handicapées. Les conséquences éthiques et philosophiques du recours à ces appareils qui promettent de "lire" dans les pensées font par ailleurs l'objet de riches réflexions. Dans ce cadre, l’Ecole polytechnique francophone de Lausanne présente depuis hier une exposition inédite. Baptisée Mental Work, elle propose aux visiteurs de faire l’expérience du contrôle d’une machine grâce à la pensée.

À portée de main

En pratique, équipé d’un casque doté d’électrodes, le participant doit se concentrer sur la représentation mentale de deux actions : fermer et ouvrir les mains. L'algorithme développé par José Millán, neuro-ingénieur à l'EPFL et co-fondateur du projet, analyse les signaux électriques cérébraux de l'utilisateur associés à ces commandes afin de les transformer en "ordre" pouvant être transmis à une machine. Un entraînement d'une quinzaine de minutes est nécessaire pour aboutir à un résultat.

Révolution cognitive

Au-delà de l'aspect ludique de cette expérience, les responsables de l'exposition ont voulu lui offrir une résonance artistique et philosophique. Ainsi, les machines figurent des roues de train évoquant immanquablement la révolution industrielle, même si elles empruntent également à l'imagerie de la science-fiction. « La révolution industrielle a été une période dangereuse pour le travailleur qui pouvait perdre une main à cause d'une inattention. Aujourd'hui, nous nous trouvons dans la révolution cognitive et les enjeux sont potentiellement plus grands. Ce genre d'accident n'arrivera plus parce que vous n'êtes plus en contact avec la machine, d'aucune manière physique que ce soit. Mais, à la place, vous pourriez devenir fou », remarque, cité par l'EPFL, l'artiste américain Jonathan Keats, un des initiateurs de l'exposition. Ainsi, au-delà de la poursuite d’un but scientifique (les données collectées anonymisées serviront de base à de nouveaux travaux), on le voit, l'un des objets de cette manifestation est de susciter un véritable "débat sociétal" sur la place et l'encadrement de ces interfaces cerveaux-machine, comme le souhaite José Millán. « Nous voulons ramener l'homme et sa puissance cérébrale au centre de la technologie, et c'est pour cela que nous utilisons des interfaces cerveau-machine », renchérit Michael Mitchell, également à l'origine du projet.

Aurélie Haroche

Référence
Mental Work, exposition de l'Art Lab de l'EPFL de Lausanne, du 27 octobre 2017 au 11 février 2018.

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