Que le grand cric me croque : l’impression 3D au service de la reconstitution mandibulaire

Lyon, le samedi 19 mai 2018 – La reconstitution mandibulaire, rendue nécessaire après un cancer ou un accident, est une intervention toujours délicate dont les résultats esthétiques et fonctionnels ne sont pas toujours à la hauteur des attentes des médecins et des patients.

« Ces patients étaient souvent perçus comme les gueules cassées des temps modernes » observe dans le journal Lyon Mag le docteur Carine Fuschsmann, praticien hospitalier au sein du service ORL de l’hôpital de la Croix Rousse (Lyon). Cependant, depuis quelques années, la reconstitution pré-opératoire en 3D a apporté une amélioration certaine à ces interventions. Initiée en France dans un hôpital niçois en 2015 et développée à Toulouse, la pratique tend aujourd’hui à se développer dans plusieurs établissements français. Ainsi, à l’hôpital de la Croix Rousse de Lyon, une quinzaine d’opérations ont été réalisées, avec un recours à la modélisation en 3D. « Si on n’en parle qu’aujourd’hui, c’est parce que l’on a pu mesurer l’efficacité de la technique. Maintenant on pratique cette méthode sur tous les patients qui peuvent en bénéficier » indique le professeur Philippe Céruse.

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La méthode consiste tout d’abord à réaliser un scanner du crâne du patient. Les images obtenues sont ensuite utilisées par une société de modélisation qui met au point des guides de coupe osseuse et des plaques en titane. Les guides sont placés sur le péroné du patient afin de constituer pour le chirurgien « un plan de découpe des morceaux du péroné. Ceux-ci seront ensuite assemblés pour former la forme voulue » détaille Philippe Céruse. La nouvelle mâchoire est ensuite assemblée et rattachée aux os grâce aux plaques de titane, rarement retirées.

Des résultats bien meilleurs pour les patients

Les avantages de cette méthode sont nombreux. Elle offre tout d’abord un gain de temps très important pour le chirurgien, gain précieux quand on connaît les risques d’une ischémie trop longue. La limitation « des tâtonnements peropératoires inévitables sans cette technique pour obtenir les segments osseux adaptés à la conformation souhaitée » est à l’origine de ces minutes perdues, comme le résume le site Réseau CHU. Les résultats fonctionnels et esthétiques sont également bien meilleurs : la précision conférée par la modélisation en 3D offre en effet une « restitution anatomique fidèle ». Les bons résultats de l’utilisation de la 3D dans la reconstitution mandibulaire signalent encore une fois l’intérêt de cet outil en chirurgie et en médecine.

Aurélie Haroche

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