Qui a peur des robots ?

Cambridge, le samedi 8 décembre 2012 – A relire comment les auteurs de science fiction du début du XXème siècle envisageait le futur de notre monde, il est facile de se rassurer : si beaucoup de cinéastes et écrivains ont voulu croire à une domination possible des machines sur l’homme, celle-ci n’est (encore) qu’un fantasme. Or pour les fondateurs du CSER (centre d’étude sur le risque existentiel) c’est justement parce que notre perception est faussée par les images d’Epinal des films futuristes que nous nous rassurons à si bon compte. Il faut arrêter de penser les « machines intelligentes comme relevant de la science-fiction et commencer à les considérer comme une part intégrante de la réalité à laquelle nous, ou nos descendants seront confrontés, tôt ou tard » écrivent en effet les membres du CSER.

L’humanité menacée ?

Fondé par l’astrophysicien Martin Rees, le philosophe Bertrand Russel et l’ingénieur Jaan Tallinn qui a entre autres participé au développement de Skype, le CSER, dont la création a été annoncée la semaine dernière, devrait commencer ses travaux en 2013. Installé au sein de la prestigieuse université de Cambridge (« nul endroit sur la planète n’est mieux adapté pour accueillir un tel centre » affirment les auteurs) il a pour objet d’étudier les dangers que représenteraient pour la survie de l’homme (ni plus, ni moins) les progrès importants observés dans le domaine de l’intelligence artificielle, de la biotechnologie ou encore des nanotechnologies. A l’origine de la fondation du CSER, se trouve en effet la « conviction que ces questions nécessitent une enquête beaucoup plus scientifique par rapport à ce qui prévaut aujourd’hui » écrivent les trois hommes sur la page de présentation du centre.

Jusqu’où l’intelligence artificielle ira-t-elle ?

Interrogé sur le projet des trois chercheurs par le site Atlantico, Anders Sandberg qui travaille au sein de l’université d’Oxford sur des thématiques proches, à savoir les problématiques sociétales et éthiques liées aux progrès de la technologie, revient sur les fondements de cette menace qui pourrait peser sur nous. « Il est vrai d’affirmer que plus nous maîtrisons la fabrication d’objets automatisés, plus nous leur confions des responsabilités qui étaient jusque là strictement réservées aux êtres humains ». De ce transfert peut naître le danger mais également du développement de l’intelligence artificielle. « La vraie question est bien sûr de se demander jusqu’où l’intelligence artificielle pourra se développer et à partir de quand elle dépassera les compétences humaines », résume-t-il.

Aurélie Haroche

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