Resynchronisation cardiaque : encore une première à Grenoble

Grenoble, le samedi 16 décembre 2017 – Depuis les premiers modèles implantés dans les années cinquante, les stimulateurs cardiaques ont connu d’importantes évolutions, améliorant notamment leur autonomie. La miniaturisation de ces dispositifs a également été très considérable. Ces dernières années, les travaux des ingénieurs et des médecins se sont concentrés sur la mise au point de pacemakers sans sonde, destinés notamment à limiter les risques d’infection. Les résultats de ces dispositifs sont encourageants et prometteurs. Le CHU de Grenoble fait figure de pionnier en la matière.  Il a en effet participé aux premiers essais cliniques destinés à l’évaluation des pacemakers sans sonde. Aujourd’hui, il confirme sa performance et son engagement dans ce domaine en étant le premier établissement français et un des premiers au monde à utiliser un dispositif de stimulation endocardique sans fil pour le traitement de resynchronisation cardiaque.

Intervention en deux temps

Le système, baptisé WISE-CRT a été conçu par la startup EBR System. L’énergie transmise au cœur est le fruit d’un émetteur à ultrasons qui ne nécessite pas de recours à une dérivation. Le dispositif doit répondre aux limitations des systèmes actuels de thérapie de resynchronisation cardiaque (TRC). L’équipe du Professeur Pascal Defaye, responsable du service de Rythmologie et Stimulation Cardiaque est à l’origine de cette première. L’intervention s’est déroulée en deux temps : le dispositif à ultrasons et la batterie ont d’abord été implantés, avant que soit installée quelques jours plus tard dans le ventricule gauche l’électrode de stimulation. « Nous avons d’abord implanté une petite batterie sous la peau, au niveau pectoral. La batterie est reliée à un transmetteur au niveau de l’espace intercostal. Ce transmetteur envoie des ultrasons qui vont être transformés en énergie électrique par la petite électrode de 6 mm placée sur la paroi du ventricule gauche quelques jours plus tard lors d’une seconde intervention qui a eu lieu sous sédation et avec la présence de plusieurs techniciens de la startup EBR System » explique sur le site réseau CHU le Pr Pascal Defaye. L’avantage de ce schéma est de permettre que seule la pile, plus facilement accessible, soit changée tous les quatre ans.

Un avantage majeur à confirmer

Les cardiologues du monde entier observent avec intérêt ces avancées en matière de resynchronisation cardiaque. A Bruxelles, le docteur Creplet (City Clinic) note que le système a le mérite de répondre à l’un des défauts majeurs des dispositifs actuels : l’impossibilité de choisir l’emplacement de l’électrode. « Cette méthode semble pouvoir le faire. Si c’est vrai, il pourrait s’agir d’une avancée considérable. En outre, pas de fil représente moins de risques de complications » constate-t-il sur le site belge Medi-Sphère. Après cette première, de nouvelles données cliniques sont attendues pour mesurer les bénéfices de cette méthode.

Aurélie Haroche

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