Sélection des embryons par IA : idée intelligente ou inquiétante ?

Paris, le samedi 29 septembre 2018 – La comparaison des performances de l’intelligence artificielle (IA) à celles de médecins pour le dépistage et le diagnostic de certaines pathologies est de plus en plus répandue. S’il est certains domaines où l’œil et la sagacité humaine semblent inégalables, dans d’autres situations, par sa rigueur systématique, l’IA pourrait présenter des résultats bien meilleurs. C’est dans cette deuxième catégorie que l’intelligence artificielle exercée à la sélection des embryons avant réimplantation pourrait se ranger. Telle est tout du moins la conclusion d’une étude présentée lors du congrès de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) par une équipe vedette dans le domaine de l’Assistance médicale à la procréation (AMP), la clinique IVI de Valence.

Se délivrer de la variabilité liée au travail humain

Les logiciels spécialisés dans la sélection des embryons tendent à se développer. La start-up australienne Life Whisperer a été l’une des premières à programmer un tel algorithme. Le mécanisme est similaire aux autres programmes de machine learning. Grâce à des milliers d’images d’embryons, le système apprend à reconnaître ceux qui peuvent être réimplantés et ceux qui doivent être écartés. La comparaison des résultats de l’intelligence artificielle et de spécialistes humains semble sans appel. « Cette recherche montre comment l’intelligence artificielle est beaucoup plus rapide et cohérente que les embryologistes dans la classification des embryons (…) ainsi que dans la concordance des processus face à la variabilité et à l’hétérogénéité liées au travail de l’opérateur humain » explique le docteur Marcos Meseguer, embryologiste à l’IVI Valence, qui ne semble pas redouter le chômage technique.  Il poursuit même : « L’application de l’IA à la classification du blastocyte humain est peu coûteuse, non invasive et plus fiable que la classification par un opérateur. (…) Comme nous l’avons démontré, cette technologie peut intrinsèquement améliorer notre capacité d’évaluer la viabilité embryonnaire ».

Meilleur des mondes ?

Si cette technologie prometteuse d’une harmonisation des protocoles dans une discipline où les pratiques sont souvent très variables d’une équipe à l’autre pourrait améliorer le taux de réussite des Fécondations in vitro (FIV), certains se montrent moins réjouis, redoutant, comme le journaliste et médecin Jean-Yves Nau une préfiguration du Meilleur des Mondes, d’Aldous Huxley. Si l’on veut croire que les machines sont à ce jeu-là plus dangereuses que les hommes… (et si l’on oublie qu’elles ne font que répéter ce que les hommes leurs ont enseigné).

L’étude présentée à l’ESHRE : https://www.ivi-rmainnovation.com/wp-content/uploads/2018/07/ESHRE-2018-Using-Artificial-Intelligence-AI-and-Time-Lapse.pdf

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Progrès

    Le 01 octobre 2018

    Le progrès est patent, aucune raison de s'en passer..
    Ou en est le logiciel WATSON dédié à la cancérologie?

    Dr Xavier Baizeau

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