Sensibilisation pas si virtuelle

Paris, le samedi 28 septembre 2019 – Plusieurs villes de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Montpellier, Toulouse, Grenoble et Paris) proposent depuis quelques semaines des panneaux digitaux dont le message est une invitation à mieux comprendre les maladies psychiques. Cette campagne organisée par l’agence E&H LAB et soutenue par le réseau Psychodon trouvera son point d’orgue la semaine prochaine sur le parvis de la Gare Saint-Lazare à Paris. Du 3 au 6 octobre, une demi-sphère géante (symbolisant un cerveau) accueillera les visiteurs afin de leur faire vivre une expérience qualifiée "d’immersive".

Réalité virtuelle 

Avant de coiffer un casque, les visiteurs seront d’abord invités à qualifier en quelques mots ce que signifient pour eux les troubles psychiques. Puis, grâce à la réalité virtuelle ils seront confrontés à une partie de ce que peuvent ressentir les personnes atteintes de différentes pathologies psychiques. Parallèlement à ce "parcours", des informations seront proposées sous forme interactive. Enfin, à la fin de la session, les participants pourront livrer une autre « définition » de la maladie psychique, ce qui permettra de mesurer l’effet de cette opération de sensibilisation.

Pas aussi vrai que la vraie réalité

Jouer sur la très attractive carte digitale est l’argument premier de cette campagne de sensibilisation. Les organisateurs n’ignorent cependant pas toutes les limites d’un tel dispositif. Ils interrogent en effet « Les expériences immersives sont-elles (…) la solution pour la construction d’un monde (…) plus inclusif ? Il est très tentant de le croire. Toutefois, il convient de préciser que ces dispositifs immersifs ne donnent qu’une vision partielle de la réalité, et ne vont pas nécessairement provoquer les angoisses, les émotions que vivent les personnes directement concernées. En effet, ils simulent l’environnement des individus, mais pas leurs expériences psychologiques, leurs ressentis… Par ailleurs, ils font vivre une expérience courte, contrôlée, que l’on peut arrêter quand on le souhaite, ce qui n’est pas le cas dans la réalité (…) des personnes en situation de handicap ».

Néanmoins, au-delà de ces réserves, on peut saluer une initiative qui contribue à lutter contre le tabou que l’on mesure encore fréquemment en France concernant les maladies mentales.

Aurélie Haroche

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