Un I-Phone-microscope : une application qui ne se loupe pas

Dodoma (Tanzanie), le samedi 6 avril 2013 – Plusieurs expériences récentes ont mis en avant le rôle que pourraient jouer les smartphones pour faciliter l’accès à certaines technologies médicales et diagnostiques dans les régions les plus reculées du monde. On se souvient par exemple comment une équipe de l’université Kookmnin (Corée du Sud) a annoncé en septembre dernier être en train de développer un Smartscope, c'est à dire un microscope mesurant un millimètre, à fixer au-dessus de la caméra de n’importe quel smartphone. Ce dispositif doit permettre grâce à une application analysant les cellules sanguines vues par ce « microscope » de mesurer le taux de CD4 des patients séropositifs.

81 % des infections à Ascaris détectées grâce à l’i-Phone et à une loupe !

Le système élaboré par le docteur Isaac Bogoch, infectiologue à l’hôpital général de Toronto est plus rudimentaire, mais son potentiel pour les pays pauvres n’en est pas moins intéressant. En Tanzanie, où ils tentaient de déterminer le type de parasites intestinaux infectant des enfants afin de leur délivrer le traitement adapté, Isaac Bogoch et son équipe ont couplé le zoom de la caméra de leur iPhone avec une simple loupe (à huit dollars !) et une lampe électrique afin de mieux observer les vers et leurs œufs présents dans les selles des enfants. Ils ont donc été en mesure d’analyser les prélèvements de 199 enfants de l’île de Pemba. Résultats, publiés récemment dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, leur petit bricolage leur a permis de diagnostiquer 81 % des infections liées à des Ascaris lumbricoides, 54 % de celles provoquées par Trichuris trichiura, mais seulement 14 % de celles liées aux ankylostomes. Si ces résultats ne sont pas tous spectaculaires, Isaac Bogoch et son équipe sont convaincus que quelques réglages pourraient permettre d’obtenir une sensibilité comparable à celle des petits microscopes de laboratoire. « Nous pensons que les téléphones portables transformés en microscope pourraient bientôt devenir un outil de diagnostic précieux dans les zones rurales pauvres et isolées où les parasites intestinaux représentent de sérieux problèmes de santé, surtout chez les enfants » commente le docteur Bogoch.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article