Une application de rencontre entre hôpital et médecins !

Paris, le samedi 26 janvier 2019 – L’hôpital est un des secteurs professionnels les plus touchés par l’absentéisme. Il atteint 21,5 jours d’absence en moyenne par personne et par an. Parallèlement, il n’est pas rare de compter de nombreux postes d’infirmiers et de médecins vacants, notamment dans certaines spécialités. Pour ne donner que quelques exemples, 30 % des postes de praticiens hospitaliers sont vacants en psychiatrie ou encore 148 postes d’urgentistes n’étaient pas occupés au 1er janvier 2018 en Ile de France.

Des tensions majeures

Ces situations conduisent à une gestion difficile des plannings, afin d’assurer le plus possible des effectifs suffisants dans les services, notamment ceux ayant à prendre en charge des urgences. La tâche est particulièrement complexe et peut être facilement source de conflits. Ainsi, la sollicitation des salariés en repos et d’une manière générale des personnels non volontaires, lorsqu’elle est perçue comme contraignante, peut parfois être assimilée à une astreinte cachée. Aussi, les tensions naissent rapidement, tandis que les plannings fluctuants et les affectations intempestives sont souvent sources de stress et d’un sentiment de dépossession. Les difficultés sont telles que certaines études ont considéré que la gestion des remplacements pourrait favoriser l’absentéisme !

Face à ce cercle vicieux, et alors que le recours à l’intérim n’est pas toujours plébiscité en raison notamment de son coût mais également parce que l’emploi de professionnels sans cesse différents, mal connus et connaissant mal les services, n’est pas toujours souhaitable vis-à-vis de la qualité des soins, de nombreux hôpitaux ont mis en place des systèmes de gestion prenant mieux en considération ces écueils. Surtout, le recours à des outils numériques apparaît pertinent. Ainsi, l’application Whoog a-t-elle été adoptée par plusieurs établissements hospitaliers. Ce système contribue à la mise en relation des centres avec un pool de praticiens volontaires (soit appartenant à l’établissement, soit à d’autres établissements proches). Des outils similaires existent pour les infirmiers. Facilitant le contact avec des personnels volontaires et disponibles, ces dispositifs permettent tout à la fois de gagner du temps et de limiter les risques de conflit.

En quelques clics

Le Centre-Val-de-Loire compte parmi les utilisateurs de Whoog. Les services d’urgences de la région ont constitué un pool d’urgentistes volontaires, susceptibles d’accepter une garde ou une astreinte supplémentaires. Ce pool a reçu l’aval de l’Agence régionale de Santé (ARS) qui a également validé le recours à l’application pour sa gestion. « Chaque chef de service inscrit ses besoins et tous les médecins inscrit sur l’application reçoivent une notification » explique cité par La Nouvelle République le professeur Saïd Laribi, responsable du service de médecine d’urgence au CHU de Tours, à l’origine de ce programme. Le système a permis de mettre fin aux multiples échanges de mails et autres sms et a également simplifié les démarches administratives (l’application intégrant un volet répondant à cet aspect). « Rien qu’à l’échelle départementale, si nous pouvons couvrir ne serait-ce que 30 % des absences planifiées ou imprévues, c’est un bénéfice considérable pour l’équipe, et bien sûr pour les patients (…). Nous pouvons désormais nous organiser ensemble, avoir une meilleure vision du planning sur du plus long terme et éviter de nous retrouver dans des situations de tension dans les services pendant les fêtes de fin d’année par exemple » détaille-t-il sur le site Weka. Si ce n’est sans doute pas la solution miracle, admet néanmoins le praticien, ce dispositif est un des exemples des méthodes plébiscitées par le terrain qui pourraient inspirer le gouvernement, qui a promis qu’en matière d’amélioration de l’accès aux soins, il souhaitait s’inspirer des initiatives locales efficaces.

Aurélie Haroche

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