De l’Ile de la tentation à la lutte contre la dépression : so british !

Londres, le samedi 13 février 2021 – Dans un monde meilleur, les journalistes se consacreront à signaler tous les éléments valorisants leurs pays par rapport aux autres. Mais nous ne sommes pas dans un monde meilleur. Et concernant, par exemple, la lutte contre la stigmatisation associée aux maladies mentales, il est très aisé d’observer que la Grande-Bretagne a tout à apprendre à la France. Au cœur des campagnes très nombreuses proposées tout au long de l’année par le royaume, une idée simple : nous pouvons tous être touchés par une dépression, un trouble anxieux ou un stress post-traumatique, tant ces derniers sont fréquents. Dès lors plutôt que de se cacher et/ou de montrer du doigt ceux qui en sont atteints, la première voie vers une amélioration de ces symptômes invalidants est sans doute de les assumer clairement.

Alerter n’évite pas le danger

C’est dans cet esprit que les princes Harry et William ainsi que la princesse Kate n’hésitent pas régulièrement à encourager les Britanniques à évoquer leurs tristesses et leurs angoisses. De la même manière, de très nombreuses personnalités racontent régulièrement leur plus ou moins grande confrontation avec la maladie mentale. Bien sûr, ce pragmatisme tout britannique diront certains n’est nullement une garantie contre les épidémies de dépression : ainsi, le troisième confinement imposé par l’épidémie de Covid a entraîné en Grande-Bretagne comme dans de nombreux autres états occidentaux, une nette augmentation de la fréquence des symptômes dépressifs.

Love Island

Cependant, pour y répondre, la Grande-Bretagne ne s’est pas contentée de discrètes (voire invisibles) campagnes de sensibilisation et de messages gouvernementaux de compassion.

Acte 1 : depuis septembre, des programmes destinés à promouvoir le bien être sont obligatoirement dispensés dans les écoles élémentaires, tandis qu’au cours de la semaine de la santé mentale qui vient de s’achever, tous les élèves ont été invités par leur professeur (à distance !) à communiquer sur leur désarroi.

Acte II : Boris Johnson a recruté le docteur Alex George pour conseiller le gouvernement sur la santé mentale des étudiants.

Rappelant que pour les britanniques la lutte contre la souffrance psychique doit être la priorité de tous, le Dr George n’est pas psychiatre. Il est urgentiste. Et s’il est la coqueluche des jeunes (filles notamment) ce n’est pas d’abord en raison de sa carrière médicale, mais parce qu’il a été l’une des stars d’une émission sulfureuse de téléréalité, Love Island, dont l’objectif est de rencontrer l’amour ! Depuis son passage remarqué dans ce programme, Alex George est resté une « star » des réseaux sociaux. Or depuis cet été, ses fans ont pu mesurer l’évolution de ses messages habituels et constater la naissance d’un engagement fort pour lutter contre la détresse des jeunes. Alex George a en effet été personnellement touché : son frère de 19 ans a mis fin à ses jours, peu avant la présentation des résultats du baccalauréat. Sa dépression avait été masquée et nul dans son entourage n’avait mesuré l’ampleur de sa détresse. Face à cette épreuve, Alex George a voulu adresser un message à ceux qui pourraient connaître un même isolement psychique. Ainsi, jour après jour s’est-t-il investi. Son combat a été remarqué par le Premier ministre qui l’a invité à rejoindre l’équipe de Nadine Dorries, ancienne infirmière et ministre de la santé mentale et de la prévention du suicide.

Celui que l’on surnomme « Doctor Alex » a accepté sans hésiter cette mission et a déjà commencé à inciter le gouvernement à des actions plus dynamiques pour venir en aide aux jeunes générations. Parfaitement conscient, en tant qu’urgentiste « en première ligne » des ravages provoqués par l’épidémie de Covid, et convaincus de la nécessité de mesures sévères, il a cependant estimé cette semaine que des aménagements devraient pouvoir être mis en place pour que les enfants présentant des symptômes anxieux puissent retourner de façon au moins partielle à l’école

Aurélie Haroche

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