L'homme de la semaine : un nano génie qui vaut de l’or

Calgary, le samedi 20 avril 2013 – Que fait un adolescent lorsqu’il apprend que sa grand-mère souffre d’un cancer ? Le plus souvent, il se désole en constatant (peut-être pour la première fois) l’éphémère de l’existence. Certains tentent alors de prendre soin le plus possible de cette aïeule chérie. Mais se préoccupe-t-on beaucoup des traitements reçus par cette dernière lorsqu’on a treize ou quatorze ans ? Peut-être tout au plus pour tenter d’en connaître l’efficacité, voire à la grande rigueur les effets secondaires les plus redoutables. Arjun Nair, jeune homme d’origine indienne, aujourd'hui étudiant à l’Université de Calgary (Canada) a fait bien plus que cela. Lorsqu’il apprend que sa grand-mère est atteinte d’un cancer et qu’il constate les souffrances entraînées par sa thérapie : « J’ai alors commencé à étudier les cancers en général et j’ai lu beaucoup de choses sur les traitements », raconte-t-il. Arjun a alors à peine 14 ans.

Ca va chauffer contre le cancer !

Lire « beaucoup de choses » cela veut dire connaître dans les moindres détails le fonctionnement de la photohermie, soit une technologie de pointe. Schématiquement, elle consiste à détruire les cellules cancéreuses grâce à des vibrations et des rayons infrarouges. La photothermie est mise en œuvre grâce à des nanoparticules d’or. Les résultats obtenus chez l’animal grâce à cette méthode encore en cours d’évaluation sont très encourageants. Néanmoins, les cellules cancéreuses ne sont pas sans défense contre les nanoparticules : elles produisent des « protéines de stress » afin de se protéger de la chaleur, limitant l’efficacité de la photothermie. C’est ici, que du haut de ses 15 ans, intervient Arjun. Son idée : utiliser un antibiotique (17-AAG) pour neutraliser les défenses des cellules cancéreuses contre les « nano-projectiles ». Pour évaluer l’efficacité du 17-AAG dans ce contexte, il a bénéficié du soutien de deux laboratoires de l’université de Calgary qui lui ont permis d’utiliser leurs installations, tandis que leurs dirigeants Simon Trudel et David Cramb étaient à la disposition du jeune homme pour répondre à ses questions.

L’idée d’un enfant

Des travaux seront encore nécessaires pour affiner la méthode d’Arjun, mais le principe semble acté et un modèle mathématique a même été développé par le jeune garçon (16 ans aujourd’hui !) pour évaluer le traitement synergique sur le plan théorique. La prouesse et l’intelligence du garçon n’ont en tout cas pas échappé aux chercheurs qui composaient le jury du Sanofi BioGENEius Challenge Canada. Réunis au siège du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) sous la présidence du Dr Luis Barreto (ancien vice président de Sanofi Pasteur), Arjun Nair vient de recevoir le premier prix (doté de 5 000 dollars) ainsi qu’un prix spécial récompensant le projet présentant le plus grand potentiel commercial ! « Je suis en état de choc » a déclaré l’intéressé après avoir appris qu’il était le lauréat du concours avant de commenter : « Penser que l’idée d’un enfant puisse être transportée dans le monde réel et que ces idées puissent potentiellement sauver des vies, c’est vraiment une pensée très excitante pour moi » a-t-il déclaré. En attendant, celui qui se destine, sans surprise, à devenir médecin participera les 22 et 23 avril au nom du Canada au concours BioGENEius mondial qui se déroulera à Chicago. Nul doute que les Canadiens (et les Indiens) ne seront pas seuls à le soutenir !

Aurélie Haroche

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