Le descendant du vrai Adam

Paris, le samedi 23 mars 2013 – L’histoire ne dit pas pourquoi cette famille de Caroline du Sud et l’un de ses membres en particulier a souhaité avec tant de curiosité en savoir plus sur ses origines. Il est en tout cas plus que probable qu’ils étaient à mille lieux de s’attendre aux résultats de la société Family Tree DNA. Les biologistes de cette entreprise qui propose à partir d’un échantillon salivaire ou sanguin de décrypter l’histoire de vos ancêtres ont également été fort surpris en procédant à l’analyse du chromosome Y d’Albert Perry (aujourd’hui décédé), un noir américain vivant en Caroline du Sud et dont le prélèvement avait été envoyé par une de ses parentes. Impossible en effet de rapprocher la séquence génétique décodée à un Y originel. Notamment, il semblait qu’Albert Perry ne descendait pas d’Adam, le plus récent ancêtre commun qui vivait en Afrique il y a 140 000 ans !

Quand Adam vieillit d’un coup de 200 000 ans !

Voilà qui dépassait quelque peu les compétences des scientifiques de Family Tree DNA qui ont confié les données génétiques d’Albert Perry à l’Université de l’Arizona où une formidable enquête génétique a débuté. Michael Hammer et son équipe sont alors parvenus à déterminer que le plus récent ancêtre commun, c'est-à-dire un ancêtre commun à tous les hommes actuels mais aussi à Albert Perry, se promenait probablement sur la terre, en Afrique, il y a 338 000 ans.

Jusqu’aux Mbo

Voilà qui déplaçait les origines d’Albert Perry à une époque antérieure à l’Homo sapiens. Pourtant, Albert Perry était à n’en pas douter un Homo sapiens. Mais son Y si rare a sans doute été hérité de mélanges entre les Homo sapiens et des lignées « archaïques ». Si ces dernières ont disparu, leur chromosome Y est parvenu jusqu’à nous (et jusqu’à Albert Perry) en raison de ces très anciennes amours. Concernant plus précisément le regretté Albert Perry, l’équipe de Michael Hammer s’est intéressée à la similitude de son Y avec celui retrouvé chez onze hommes Mbo, un peuple africain vivant dans le sud-ouest du Cameroun. Or, ces Mbo vivent à proximité du site d’Iwo Eleru, au Nigeria, où ont été découverts en 2011 des fossiles humains présentant des caractéristiques génétiques propres non seulement à Homo sapiens mais également à un Homo archaïque. Pour les auteurs de cette reconstitution publiée dans l’American Journal of Human Genetics (AJHG), cette histoire démontre qu’une « bien meilleure compréhension de la phylogénie du chromosome Y et des variations génétiques en général serait obtenue si des relevés plus denses et plus réguliers étaient effectués dans toute l’Afrique subsaharienne, étant donné son haut niveau de diversité génétique ».

Aurélie Haroche

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