Or du commun

Paris, le samedi 2 septembre 2017 – A l’instar de l’Empire State Building, la Tour Montparnasse, située au cœur de Paris, a pris l’habitude d’arborer les couleurs de différentes causes. C’est ainsi qu’on peut la voir s’auréoler de rose tout au long du mois d’octobre dédié à la lutte contre le cancer du sein ou qu’elle affiche en grand le numéro du standard téléphonique du Téléthon, le 36-37, pendant les jours qui précédent la grande opération caritative. Cependant, le message qu’elle diffuse depuis quelques jours, est inédit. On peut y voir la photo d’un petit garçon, l’œil pétillant de malice boudeuse, avec cette question « Un cancer à 7 ans, sérieusement ? ».

Enfance boudeuse fauchée en plein vol

Ce héros de la tour Montparnasse, dont on verra également le visage dans toute la France, durant tout le mois de septembre, est Noé. Sur le cliché, il est âgé de cinq ans. Son père l’a pris en photo alors qu’il manifeste clairement sa désapprobation après avoir appris qu’il ne pourrait déguster le même menu que les adultes à l’occasion de l’anniversaire de mariage de ses parents. C’était les temps heureux. Deux ans plus tard, le petit garçon se plaint de douleurs multiples. Il a des difficultés pour utiliser sa main. L’inquiétude commence à s’installer chez ses parents : différents examens sont réalisés. Après une IRM, le verdict tombe : Noé est atteint d’un gliome infiltrant du tronc cérébral. Le pronostic est sombre et sans appel : il ne devrait pas survivre plus de quelques mois.

Sursis

Mais les parents de Noé sont comme lui des battants qui refusent d’être vaincus par la fatalité. Ils disposent par ailleurs d’importants moyens pour pouvoir sillonner le monde à la recherche des traitements innovants. Le petit garçon participe à plusieurs essais cliniques : ces derniers contribuent à prolonger son espérance de vie au-delà des prévisions initiales des médecins. Ces traitements lui offrent également la meilleure des qualités de vie possible. Noé peut partager des moments de joie avec ses parents et ses trois frères. Mais, à l’âge de 10 ans, le 24 septembre 2014, le petit garçon s’éteint.

Accélérer la lutte contre les cancers pédiatriques

Son père Frédéric Lemos aurait pu s’effondrer. Il en a vu beaucoup des parents dont la vie s’arrête de façon irrémédiable au moment de la tombée dans le vide. Frédéric Lemos est dévasté, mais il est aussi en colère face à cette maladie qui a emporté son petit. Il veut prolonger le combat de son enfant qui en dépit de la multiplication des examens (36 IRM précise par exemple son père) et la lourdeur des traitements a continué à se montrer combattif et enthousiaste. Alors, Frédéric Lemos s’est rapproché de l’Institut Gustave Roussy pour lancer cette campagne d’une ampleur inédite. Si depuis quelques années, certaines associations françaises participent à l’initiative américaine Septembre en or et à l’opération Or du commun dédiées à la lutte contre le cancer de l’enfant, jamais une action aussi marquante n’avait été lancée. Cette visibilité de la campagne (rendue possible par le fait que Frédéric Lemos est président des copropriétaires de la tour Montparnasse) devrait en effet lui offrir une aura sans précédent. C’est l’objectif de Frédéric Lemos qui veut impulser un véritable élan : « Si tous les pères se retroussaient les manches, s’ils donnaient de la voix et se mettaient en ordre de bataille contre les cancers de l’enfant, on pourrait les guérir mieux et plus vite. Mon fils ne reviendra pas, mais il y a tous les autres » lance-t-il au quotidien Le Parisien. L’homme a ainsi de nombreux projets, telle la création d’un siège entièrement dédié à la recherche contre les cancers de l’enfant (à l’instar de ce qui existe depuis quelques années face aux maladies génétiques). Pour atteindre cet objectif, 10 millions d’euros devront être collectés à l’horizon 2020, avec toujours comme ambassadeur le petit Noé.

Pour en savoir plus sur la campagne
https://www.gustaveroussy.fr/fr/guerir-le-cancer-de-lenfant-au-21e-siecle

Aurélie Haroche

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