Peut-être pas si petit

Ostende, le samedi 22 juillet 2017 – L’arrivée d’une nouvelle recrue dans une université est toujours un événement. Pour des raisons qui ne tiennent pas nécessairement à la grandeur de la science, les chercheurs portent en effet un intérêt marqué à ceux et celles qui parviennent à pénétrer le sérail. A Amsterdam, il y a quelques semaines, les membres de l’Academisch Medisch Centrum ont vu probablement leur curiosité fortement aiguisée : le nom du dernier arrivé leur était en effet totalement inconnu. Et pour cause, leur nouveau collègue n’a pas eu le temps de voir son patronyme s’aligner dans des revues à comité de lecture ou dans des congrès internationaux. Il était bien trop occupé à parfaire sa formation : il est en effet âgé de 7 ans !

De Harry Potter à l’algèbre appliqué

Alors qu’il commençait à peine à maîtriser la marche, les capacités intellectuelles et cognitives hors du commun de Laurent Simons, petite tête blonde née à Ostende, ont surpris ses parents. Avant l’âge de trois ans, l’enfant commence en effet à lire et à écrire. Son entrée à l’école confirme très rapidement la nécessité d’une adaptation des apprentissages à sa rapidité et sa curiosité insatiable. Si les mathématiques sont son domaine de prédilection (il parvenait à six ans à résoudre des problèmes d’algèbre laissant médusés des enfants âgés du double), il se passionne également pour de nombreuses autres disciplines et adore lire (il a ainsi très facilement avalé tous les tomes de la saga Harry Potter, quand cette lecture est habituellement conseillée aux enfants à partir de douze ans).

Une blouse à sa taille

Après une année de constante réadaptation de son programme, les parents de Laurent Simons ont eu l’idée de solliciter l’Academish Medisch Centrum (la famille vit désormais à Amsterdam) afin que ses équipes puissent orienter leur petit garçon. Les chercheurs ont accepté d’accueillir Laurent Simons comme l’un des leurs une journée par semaine. Une blouse à la taille de l’enfant a été confectionnée et un bureau lui a été attribué. Si le petit garçon n’a pas encore déterminé de sujet d’étude, il devrait probablement s’orienter vers la cardiologie, en hommage à ses grands-parents, atteints de troubles cardiaques et qui ont une influence importante dans sa vie. L’enfant, dont les premières heures à l’Academish Medisch Centrum seront consacrées à l’étude des électrocardiogrammes, est quoi qu’il advienne enthousiaste : « Je veux aider la science et guérir les gens » s’est-il exclamé.

Le poids des ans…

Le petit garçon fait sans surprise la fierté de ses parents qui sont très attentifs à satisfaire le désir d’apprendre de leur enfant, mais aussi à protéger sa vie sociale. Cependant, ils sont également conscients de ses limites. « Il peut être très intelligent, mais il a le physique d’un enfant de 7 ans » rappelle ainsi par exemple, son père, dentiste, qui souligne par exemple son besoin de sommeil. De même, à l’instar de tous les enfants, le petit garçon dont l’évolution passionne la presse belge et néerlandaise voit ses aspirations évoluer. Si l’année dernière au micro de RTL Belgique, il affirmait qu’il rêvait d’être chirurgien ou astronaute, il serait prêt aujourd’hui à se diriger vers une autre voie assez éloignée de la médecine ou de la science : DJ !

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Tout petit génie

    Le 26 juillet 2017

    La notoriété qu'elle soit scientifique, littéraire, politique,artistique, sportive ou autre est le fruit d'une quête acharnée mue par l'ambition, (vous pensez à Macron ?) le désir de reconnaissance, une volonté farouche de réussir servie par le savoir, le don, le talent au mieux le génie ; c'est un aboutissement qui demande temps et expérience et un contexte historique favorable (n'obtenez pas le prix Nobel le jour de la mort de Kennedy vous ne ferez pas 2 lignes dans le journal pas 1 minute à la TV).

    Existe-t il des exceptions qui confirment la règle?
    On pense à Mozart enfant cornaqué par Léopold à
    travers l'Europe comme un singe savant dont le génie précoce a perduré adulte. il n'y en a pas eu beaucoup d'autres, et bien sûr Rimbaud qui a tout laissé tomber à 19 ans. Mais la plupart des gloires de l'humanité, dans le désordre, Colomb, Kant, Leibniz, Pascal, Galilée, Vinci, Newton, Darwin, Evariste Galois, Lavoisier, Einstein les Curie, Chateaubriand, Hugo, Proust, j'en passe et des meilleurs se sont révélés adultes.

    On les connaît les génies en herbe tombées aux oubliettes, Minou Drouet la poétesse de 7 ans admirée par Jean Cocteau, Roberto Benzi le chef d'orchestre enfant (il y a eu un film à sa gloire enfantine) Roberto qui? et d'autres encore sortis de ma mémoire, footballeur, joueur d'échec, coureur automobile exhibés enfants et adultes anonymes, sans oublier Richard Gasquet dont la carrière est certes honnête mais qui à 14 ou 15 ans après avoir gagné un banal tournoi moscovite a été baptisé par un journaliste le Mozart encore lui!) du tennis. Cette surmédiatisation lui a certainement nui obligé d'assurer un statut miroir aux alouettes, aux USA il faut avoir gagné quelques majeurs pour être reconnu, les exploîts enfantins on n'en a cure.

    Pour revenir au jeune hollandais il y a tout lieu de croire que cette exposition médiatique lui sera néfaste. C'est vraiment n'importe quoi d'imposer à des académiciens la présence ne serait-ce qu'un jour par semaine d'un enfant certes à haut potentiel mais qui doit en irriter plus d'un.

    Je ne veux pas être Cassandre mais je crains que cette publicité et cette mise en lumière prématurée fassent long feu et que tout se termine par une banale vie d'ingénieur, pourquoi pas de médecin avec en plus comme marqué au fer rouge le souvenir lancinant d'une célébrité qui aura accouché d'une souris.

    Dr Hervé Isnard, Lyon

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