Plus vivants, plus reconnaissants, plus forts

Malaga, le samedi 1er juillet 2017 – La fête s’achèvera demain. La ville du sud de l’Espagne retrouvera son flux habituel de touristes. Pendant une semaine, les participants à cette manifestation qui célébraient sa vingt-et-unième édition ont suscité une certaine curiosité. Ces sportifs se sont affrontés dans de multiples disciplines : course à pied, padel tennis, pétanque, golf, squash, fléchettes, cyclisme, bowling, tennis de table, natation, kayak, tennis, athlétisme, badminton ou encore triathlon virtuel. Les épreuves se déroulent avec sérieux, mais les performances des participants paraissent extrêmement variables sans que les organisateurs en paraissent gênés ou courroucés. Le sport est d’abord une passion chez ces amateurs dont les horizons apparaissent très différents.

Fil invisible

Qu’ont-ils en commun ces hommes et ces femmes, 2 500 athlètes venus d’une soixantaine de pays, réunis pendant une semaine à Malaga pour une compétition qui ne connaît qu’une faible médiatisation ? Ils sont de tous les âges : on compte une poignée d’enfants et d’adolescents qui côtoient quelques septuagénaires et octogénaires. Pourtant, tous peuvent concourir dans la même catégorie. Ils ne paraissent pas plus des spécialistes : certains sportifs sont en effet inscrits dans des épreuves aussi différentes que la pétanque ou l’athlétisme. Ils ne semblent pas liés par des convictions religieuses ou politiques. Ils ne paraissent pas vouloir représenter une catégorie de personnes oubliées ou particulièrement discriminées. Pourtant, ils semblent unis par un fil invisible.

Un même message

Souvent ils se connaissent. Ce n’est pas la première fois qu’ils participent à cet événement. Ils s’étaient pour beaucoup déjà retrouvés il y a deux ans à Plata del Mar en Argentine. Ils évoquent des expériences qui se font écho : une annonce qui vous terrasse, la peur et bientôt l’espoir et le retour à la vie. Les langues sont différentes, mais le message est le même : leur présence est un hommage à ceux qui leur ont permis d’être là, en vie. Un donneur anonyme. Une famille qui a accepté que les organes d’un être cher soient prélevés pour permettre à d’autres de poursuivre plus sereinement leur existence.

Hommage unanime

Quasiment toutes les interviews des participants cette semaine aux Jeux Mondiaux des transplantés qui se tiennent jusqu’à demain à Malaga disent la même chose : « nous souhaitons rendre hommage à notre donneur ». C’est le cas par exemple d’Olivier Even, qui vit en Bretagne, qui a reçu une greffe rénale en 2013. « C’est un reportage sur France 3 sur le tour de Bretagne des greffés qui a été le déclic. C’est une façon d’honorer mon donneur et d’inviter tout le monde à se déclarer donneur potentiel » explique celui qui n’était pas particulièrement sportif avant sa transplantation et qui désormais a fait du cyclisme l’une de ses passions. On retrouve le même message dans le discours de Serge de Dianous, professeur au collège Notre-Dame de Bel Air à Tarare greffé rénal il y a vingt-deux ans « J’ai toujours tenu à faire des choses pour honorer le geste de la personne qui m’a donné ce rein et respecter au maximum le cadeau qui m’a été fait ». Militant, le message n’est cependant pas culpabilisant : « Je comprends que les personnes ayant perdu un proche se sentent agressées par la demande de don d’organes, pressées par l’urgence de la décision, mais le don d’organes est pour des milliers de malades le seul espoir d’avenir, l’espoir d’une nouvelle vie » analyse le parisien Olivier Pasteur également greffé rénal. Si les transplantés rénaux constituent la majorité des participants, on compte également des greffés du cœur, du foie, du poumon (de nombreux concurrents sont des patients atteints de mucoviscidose) ou des personnes ayant bénéficié d’une greffe de moelle.

Sélection médicale

Outre cet hommage rendu aux donneurs et une incitation à réfléchir au prélèvement de ses organes,  cette manifestation est également destinée à mettre en évidence les bénéfices de la greffe en révélant les compétences sportives de ceux qui ont dû passer par l’épreuve de la transplantation. Cependant, l’objectif ici n’est pas la prouesse olympique : aucun critère sportif n’est requis. A contrario, la sélection médicale est très rigoureuse. Les patients doivent être jugés aptes à la participer aux épreuves, sans souffrance... et dans la bonne humeur.

Aurélie Haroche

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