Une Miss d’un super genre !

Paris, le samedi 4 décembre 2021 – Il y a sans doute trop de déception pour qu’on puisse se consoler en se laissant convaincre que certaines défaites valent autant que des victoires. Néanmoins, il est certain que l’un des objectifs poursuivis a été relevé : transmettre un message positif sur l’acceptation des différences et plus spécifiquement sur celles des personnes transgenres.

Rééduquer

La sculpturale Kataluna Enriquez, âgée de 27 ans, concourait cette semaine au concours Miss USA, après avoir décroché l’écharpe de Miss Nevada en juin dernier. Une étape majeure dans l’histoire de ces compétitions de beauté puisque c’était la première fois aux Etats-Unis qu’une personne transgenre y participait (en 2018, Angela Ponce a gagné l’élection Miss Universe Spain). Après sa belle victoire au printemps, chaleureusement saluée par le gouverneur démocrate de l’Etat, Steve Sisolak, Kataluna était plus impatiente que jamais de pouvoir une nouvelle fois se faire la porte-parole de ceux qui ont traversé les mêmes épreuves qu’elle. Celle qui regardait enfant les concours de beauté avec un mélange de fascination et de répulsion, d’abord dérangée par le caractère hypersexualisé des épreuves puis bientôt chamboulée par le parcours particulier de la plupart des concurrentes, est convaincue que l’éducation permettra d’améliorer le sort des personnes transgenres, dans un pays où le nombre de ses dernières tuées en raison de leur particularité ne diminue pas (44 en 2021 !). « Peu de gens savent ce que traverse une personne trans. En étant un exemple, je suis capable de changer la perception qu’ont les gens » a-t-elle ainsi affirmé avant d’être rapidement éliminée lundi.

Recoudre

Cette confiance et cette détermination ont été reconstruites par une prise en charge très précoce de ses souffrances intérieures. La petite fille qui a régulièrement été l’objet de brimades, coups et même agressions sexuelles a en effet été psychologiquement accompagnée dès l’âge de 10 ans ; ce qu’elle considère comme une véritable chance. D’ailleurs, d’une manière générale, celle qui exerce la profession de secrétaire médicale, milite pour une meilleure prise en charge des problèmes de santé mentale des LGBT. Transmettre ce message dans un monde aussi codé et lié aux apparences que les concours de beauté est aussi audacieux que risqué. L’accueil de Kataluna et de ses extraordinaires robes qu’elle confectionne elle-même faute de moyens suffisants n’a en effet pas toujours été une sinécure. « Ça a pu être très intrusif : on m’a par exemple demandé d’être examinée par un médecin » raconte-t-elle.

Rien de tel chez Miss USA dont la nouvelle présidente, Crystle Stewart affirme : « Parce qu’elle est médicalement et légalement une femme, nous la traitons comme telle et l’accueillons à bras grand ouverts. Nous faisons la promotion de l’inclusivité dans l’univers des concours de beauté. Je pousse pour que ce discours intervienne dès les compétitions locales et j’espère faire passer ce message auprès du grand public », insiste-t-elle, envoyant probablement un message discret à son concurrent direct Miss Etats-Unis qui pour sa part a fermé sa porte à Kataluna et aux transgenres.

Reconsidérer

Eminemment symbolique, la participation de Kataluna à Miss USA même si elle n’a pas été couronnée de succès est non seulement un témoignage marquant concernant l’acceptation des personnes transgenres mais aussi sur la portée de ces concours de beauté si souvent décriés pour l’image qu’ils véhiculent des femmes et leur caractère souvent considéré comme réactionnaire.


Aurélie Haroche

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