Mégot à mégot, l’oiseau fait son nid

Mexico, le samedi 8 décembre 2012 – Vous êtes ce que l’on appelle dans le jargon des fumeurs un indécrottable. Vous connaissez la nocivité du tabac pour la santé, vous n’êtes pas fier de chercher désespérément sous la pluie un dimanche de 1er mai un tabac ouvert, vous êtes prêts à tout pour trouver un espace fumeur. Bref, vous continuez à être accroc au tabac et il vous semble difficile de concevoir d’abandonner la cigarette. Si vous vous êtes résignés à cette idée, difficile de la faire entendre à vos proches et plus généralement à la société de plus en plus farouchement anti-tabac. Cette semaine, la revue Biology Letters a donné un nouveau souffle (si l’on peut dire) à votre cause.

La menace des parasites disparue en fumée

Des chercheurs de l’Institut d’Ecologie de l’Université nationale autonome du Mexique à Mexico ont en effet observé que les moineaux et roselins vivant dans la mégalopole utilisent pour constituer leurs nids des mégots de cigarettes ! Cette pratique est loin d’être marginale puisque 89 % des nids des moineaux étudiés et 86 % des habitations des roselins en étaient pourvus. En moyenne, on retrouve entre huit et dix mégots de cigarette dans les nids des petits oiseaux. Mais pourquoi ces derniers plébiscitent-ils autant ces vieux filtres ? Probablement parce que les fibres d’acétate de cellulose qui les composent sont constituées de nombreuses molécules toxiques qui nuisent à nos bronches… mais aussi aux parasites ! De fait, plus la teneur en cellulose est importante dans les nids, moins les acariens y sont nombreux. Bien sûr, pour prouver que les oiseaux ont bien choisi « intentionnellement » les filtres plutôt que des brins de paille classiques, d’autres expériences devraient être menées. Il faudrait par exemple retirer les mégots des nids, afin d’observer le comportement des oiseaux. Mais pour Marcel Lambrechts (CNRS Montpellier), il ne fait guère de doute que les volatiles sont parfaitement "conscients" de la supériorité des filtres de cigarette comparativement aux autres matériaux traditionnellement utilisés pour faire un nid. « Quelques oiseaux ont dû essayer. Si ça leur a plu et que ça a marché, les autres ont copié leur comportement » explique-t-il simplement au Figaro. Reste à savoir si à force d’être en contact avec les mégots, les jeunes oisillons ne vont pas pâtir à leur tour des substances toxiques présentes dans les filtres.

Alors la bonne idée de leurs parents partira en fumée.

Aurélie Haroche

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