Pas sans culotte mais révolutionnaire

Montpellier, le samedi 2 février 2019 - Le concours France Active, fondée il y a 30 ans par la Caisse des dépôts récompense, en les finançant, des projets  « d’entrepreneurs engagés ».

Parmi les quatorze finalistes de cette année, Marie Rimbault-Joffard dont l’idée est née d'une intuition: que de nombreuses femmes renoncent à bénéficier d’un suivi gynécologique en raison de l’impudeur attachée à certains actes.  Un questionnaire en ligne réalisé pas ses soins auprès de 300 femmes révélerait ainsi, par exemple, que 33 % d’entre elles ne se soumettent pas à des frottis réguliers par crainte de se dévoiler intégralement face à un praticien.

Aussi, Marie Rimbault-Joffard propose de mettre au point une culotte baptisée Imagyne qui permettra « à toute femme qui le souhaite de pouvoir conserver un sous-vêtement pendant toute la durée de l’examen gynécologique, et de ne plus avoir à montrer l’intégralité de ses organes génitaux pour les actes vaginaux (frottis, pose de stérilet (DIU), sonde échographique etc.). Une ouverture minimale et suffisante sera réalisée exactement au niveau de l’entrée du vagin, permettant à toute la partie supérieure de la vulve, au pubis et à la zone anale d’être dissimulés ». 

Cette idée, qui n'est pas sans rappeler les chemises de nuit à trou recommandées pour la nuit de noce à l'époque victorienne, aurait séduit «  des gynécologues et sages-femmes qui ont non seulement confirmé l’intérêt et la faisabilité du produit, mais qui ont exprimé le fait qu’il existait un réel manque en la matière ».

Ambitieuse, elle espère, à terme  « révolutionner une situation que beaucoup de femmes connaissent, celle de la gêne, allant parfois jusqu’à un sentiment d’humiliation, de devoir exposer une zone aussi intime ».

Pour en savoir plus et éventuellement soutenir ce projet : http://osonslesentrepreneursengages.fr/imagyne/

F.H.

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Vos réactions (3)

  • Nu intégral pas nécessaire

    Le 02 février 2019

    40 ans de consultation de gynécologie, jamais demandé de nudité : pour l'examen gynéco, garder le haut Puis pour l'examen des seins, recouvrir le bas largement avec un drap jetable avant d'enlever le haut. Jamais présent dans la salle d'examen lorsque la patiente n'est pas sur la table et quitter la salle dès la fin de l'examen.

  • Renouveau du puritanisme ?

    Le 04 février 2019

    Et à quand le retour de l’auscultation pulmonaire à travers une serviette de toilette ? On n’a pas enseigné l’Histoire (la vraie) à cette génération, donc ils vont tout nous réinventer... On n’en a pas fini avec les dérives du féminisme !

    Dr Bernard Dumas

  • Sommes-nous bien en 2019 ? En Europe ?

    Le 06 février 2019

    Tous les médecins un peu sensibles et normalement sensés devinent immédiatement la gêne des patients et trouvent naturellement les gestes adéquats pour essayer de les mettre à l'aise...
    Mais pourquoi seules les femmes seraient-elles gênées de montrer des zones intimes de leur anatomie à un médecin?

    On peut comprendre qu'une femme se sente mal à l'aise devant un médecin masculin. Mais un homme est-il vraiment plus à l'aise en se retrouvant sur une table d'examen en position genu-pectorale devant un médecin ou une femme médecin qui lui pratique un TR, une anuscopie ou une colonoscopie, aidée par une infirmière, parfois entourée de stagiaires féminines? Le tableau qu'il présente n'est pas des plus flatteurs, même pour les Adonis... Ou se retrouver en position gynécologique, position qui n'est guère plus avantageuse, pas plus pour les hommes que pour les femmes, cuisses écartées, verge et bourses pendantes en attendant une cystoscopie ou une résection trans-urèthrale réalisées par une femme urologue, en présence d'une femme anesthésiste, entouré d'infirmières qui l'installent, font l'asepsie de ses organes génitaux, aident l'urologue, placent la sonde etc.

    La féminisation de plus en plus poussée de la médecine rend ce type de situations de plus en plus fréquente. S'en offusque-t-on et devrait-on s'en offusquer?

    Personnellement, après avoir fréquenté les salles d'opération depuis l'âge de 23 ans jusqu'à ma retraite après toute une carrière d'urologue, j'ai personnellement vécu ce type de situations "embarrassantes" mais je n'en ai pas fait tout un plat ! Cela fait partie de l'exercice la médecine depuis toujours et on ne voit pas comment faire autrement, sinon sonder les hommes par la braguette, examiner leur prostate grâce à un caleçon troué, palper les organes génitaux à travers un champ opératoire ? Déjà que les gants d'examen limitent un peu la sensibilité...Et pourquoi ne pas obliger les cliniciens à porter des verres fumés ou carrément un bandeau sur les yeux pour réaliser certains examens, tant qu'on y est, leur voiler la face ?
    Un peu de bon sens, de grâce ! Tous les médecins ne sont pas des obsédés sexuels et la vision quotidienne de la nudité des patients et des patientes ne les met pas en transe, que du contraire !

    J'ai examiné des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants durant ma carrière. Je n'en suis pas pour autant devenu un pervers polymorphe...
    Les femmes hyper-pudiques ont toujours le choix de se faire examiner et traiter par des médecins de leur sexe, cela devient de plus en plus facile. Ou aller voir un psychiatre pour analyser pourquoi elles ont tellement honte de leur propre corps (Voir l'article du journal féminin Gaël:" S'aimer toute nue").

    Dr Camille Willem

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