L’AP-HP dans de beaux draps (si seulement…)

Paris, le samedi 8 décembre 2012 – Au printemps, faute de faire le ménage, les syndicats de soignants au sein de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) s’étaient prêtés à un grand déballage. L’objectif était de braquer l’attention des médias sur une situation intolérable et pour le moins indigne d’un pays riche : la pénurie de draps et autres blouses dans les grands établissements franciliens. Les infirmières évoquaient ces patients auxquels on recommandait de glisser dans leur valise quelques couvertures, les praticiens indiquaient ne plus changer de blouses aussi souvent qu’auparavant, tandis que certains malades choisissaient de garder leurs vêtements plutôt que de se frotter à des draps peu ragoûtants. « C’est la grande misère » avait déploré Marie-Christine Fararik (Sud Santé) citée par le Parisien. Les tentatives d’explication de la direction de l’AP-HP, qui mettaient la pénurie sur le compte de nombreux vols, n’avaient guère convaincu. Larcins ou défaut d’approvisionnement, quoi qu’il en soit, l’AP-HP affirmait que tout allait rentrer dans l’ordre, grâce à un renouvellement des « approvisionnements de 132 % ».

Le budget blanchisserie réduit de 20 à 30 % dans un hôpital francilien

Neuf mois plus tard, l’AP-HP a-t-elle accouché de draps tout neufs ? Rien n’est moins sûr, si l’on en croit une note publiée récemment sur le blog du journaliste de Libération, Eric Favereau, baptisé : « La plume et le bistouri ». Il y évoque des échanges rageurs de mails entre des professionnels de santé d’un « grand hôpital d’Ile de France » où la pénurie de draps est le sujet de colère numéro un. « Comment peut-on accueillir dignement des patients sur des brancards sans draps ? C’est ce qui s’est passé ce week-end à l’arrivée à huit heures, il n’y avait pas de draps disponibles dans le roll ! Il fait pourtant froid dans les couloirs du service d’accueil et des urgences » décrit ainsi une infirmière dont le mail est cité par Eric Favereau. D’autres missives confirment cette situation aussi intolérable qu’inconcevable, à Paris, en France, en 2012. La direction de l’hôpital, en copie de tous ces messages, prend acte et confirme : « Je vous informe du pourcentage réduit par la Blanchisserie interhospitalière (sic) (…). Nous ferons de notre mieux pour vous dépanner ». Eric Favereau révèle de fait que le budget blanchisserie aurait été réduit (selon les services de cet établissement) de 20 à 30 %, diminution qui selon le témoignage de certains praticiens s’accompagne de coupes budgétaires touchant d’autres matériels, tels les gants. En outre, cet hôpital non cité ne serait pas le seul à connaître une telle situation.

Aussi inquiétant que désolant.


Libération-La plume et le bistouri : Les hôpitaux franciliens dans de sales draps

Aurélie Haroche

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