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Le Caire, le samedi 22 décembre 2012 – « Ô Pentaouret, tu quoque mi fili » aurait pu s’exclamer Ramsès III si toutefois comme César il avait parlé latin. Car comme le célèbre Jules, Ramsès III fut lui aussi la victime d’un complot auquel pris une large part son fils (naturel et non adoptif) Pentaouret. Ce dernier ne devait cependant pas accéder au trône : la découverte de la conspiration qu’il conduisit contre le pharaon entraîna sa condamnation à mort. Pourtant, Pentaouret aura tout essayé pour dépasser son frère Ramsès (qui devait devenir Ramsès IV). Avec l’aide de sa mère et de plusieurs haut dignitaires égyptiens, il avait conçu d’empoisonner son père. Las, le complot échoua : les conspirateurs furent jugés et condamnés, certains exécutés et d’autres comme Pentaouret autorisés... à se suicider.

Qu’est devenu Ramsès III ?

Cette histoire connue « grâce aux minutes des procès figurant sur des papyrus qui sont parvenus jusqu’à nous » comme nous le rappelle le journaliste du Monde Pierre Barthélémy sur son blog « Passeur de sciences » comportait cependant encore un mystère de taille. Même déjoué, le complot était-il parvenu à ses fins ? Ramsès III avait-il péri lors du piège tendu par les siens ou s’était-il éteint « de sa belle mort » laissant le pouvoir à son fils Ramsès IV ? Comme le commente longuement et toujours avec finesse Pierre Bathélémy, Zahi Hawass, ancien secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes et Albert Zink, spécialiste des momies offre enfin la clé de ce mystère vieux de 3 167 ans dans une étude parue récemment dans le British Medical Journal.

Condamné pour l’éternité à partager la tombe de sa victime

Grâce à la réalisation d’un scanner, ils ont découvert sur la momie de Ramsès III la présence d’une longue et profonde blessure de sept centimètres sous le larynx du pharaon. Il fait peu de doute que celle-ci ait été portée contre le souverain lors de l’empoignade provoquée par la révélation du complot au cours de la Fête de la Vallée. En effet, signale Pierre Barthélémy : « Comme les embaumeurs n’incisaient jamais à cet endroit du corps, il ne peut s’agir d’une blessure post-mortem. Ramsès III a été proprement égorgé et sa mort a été quasiment immédiate ». Les images du scanner révèlent également que les embaumeurs ont pris soin de déposer une amulette au sein de la blessure, afin de la « soigner » « pour la vie du pharaon dans l’au-delà ». Enfin dernière découverte de ces chercheurs : l’identité d’une momie présente dans le tombeau de Ramsès III dont on ignorait tout jusqu’alors. Il apparaît que ce jeune homme d’une vingtaine d’années n’a pas bénéficié de tous les soins habituels de momification (il n’y a notamment pas eu d’embaumement) et que la momie a ensuite été « recouverte d’une peau de chèvre ». Or, cette matière n’était habituellement pas utilisée lors de ces rites car considérée comme « impure ». Tant l’absence d’embaumement que le recours à cette peau de chèvre laissaient deviner une volonté délibérée de « frapper » ce corps et cette momie d’indignité. Intrigués les chercheurs ont réalisé des comparaisons génétiques entre le jeune homme et le pharaon et ont découvert que le premier était probablement… Pentaouret condamné pour l’éternité à partager la tombe de son père honni.


Pour plus de détail sur cette belle tragédie égyptienne

AH

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