« Il m’a sauvé la vie ; je me dois de l’aider à mon tour » : qui parle et de quoi ?

Londres, le samedi 23 septembre 2017 – Nous sommes en 1962. Un jeune patient apprend qu’il souffre d’une pathologie incurable. Le pronostic est très pessimiste. Il ne devrait pas pouvoir vivre plus que quelques années. Pourtant, au mois de juillet, l’homme a fêté son 75ème anniversaire, après avoir mené une très brillante carrière et alors qu’il continue d’exercer des fonctions importantes. Son parcours a été certes jalonné d’hospitalisations, de soins multiples et de traitements divers. Mais il est là. Aussi, quand il a vu que les pouvoirs publics mettaient en cause les services des hôpitaux britanniques, il s’est demandé comment il pourrait leur venir en aide. La réponse a été rapide : en usant de sa principale force, son expertise scientifique.

Piquer la cerise

Or, le secrétaire d’état à la santé, Jeremy Hunt a utilisé pour justifier d’importantes coupes budgétaires visant le NHS les études signalant l’existence d’un « effet week-end » dans les centres de santé britanniques. Les soins prodigués les samedi et dimanche étant de faible qualité, il pourrait être judicieux de limiter les interventions et hospitalisations le week-end ce qui en outre permettrait de réaliser des économies, tout en sauvant des vies, a défendu Jeremy Hunt. L’effet week-end ne peut être nié mais pour le scientifique, Jeremy Hunt s’est rendu coupable d’un raccourci en ne retenant que les éléments en faveur de sa démonstration (soit la technique du "cherry picked" selon l’expression britannique). Cette méthode est réprouvée par le monde scientifique, notamment parce qu’elle concourt à nourrir la défiance vis-à-vis de la science.

55 ans plus tard : un soutien fidèle

C’est donc pour sauver le NHS mais aussi défendre la crédibilité de la science que l’homme ayant appris en 1962 un sombre diagnostic dans un hôpital du NHS a pris la plume et adressé sa missive et sa démonstration scientifique au Guardian. Il s’appelle Stephen Hawking et il écrit : « Le NHS m’a sauvé la vie. Je me dois de l’aider à mon tour ».

Aurélie Haroche

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