A quel jeu Agnès Buzyn devrait-elle jouer ce week-end ?

Paris, le samedi 20 mai 2017 – Cela a été beaucoup dit, l’une des caractéristiques du nouveau gouvernement est de compter un grand nombre de personnalités issues de la "société civile" dont la connaissance de la vie politique est restreinte. C’est notamment le cas du nouveau ministre de la Santé, Agnès Buzyn, même si son expérience à la tête de l’Institut national du cancer (INCA) et de la Haute autorité de santé (HAS) ne fait pas totalement d’elle une novice. Cependant, certaines des missions qu’elle aura à remplir pourraient exiger d’elle un important investissement (sans doute pas insurmontable pour l’enseignante chercheuse), telle la préparation du budget de l’Assurance maladie (même si les techniciens de Bercy et de l’Avenue de Ségur lui prêteront main forte).

Comment faire disparaître le déficit de l’Assurance maladie ?

Pour s’y exercer, elle pourrait opter pour une méthode ludique proposée par l’Institut Montaigne et le cabinet Jalma (même si le think tank ne répond pas totalement aux mêmes orientations politiques que celle qu’elle affiche). L’atelier "Finances Publiques" de l’Institut Montaigne conçoit depuis quelques mois des outils interactifs et pédagogiques destinés à révéler la complexité des rouages de l’établissement d’un budget. Après un simulateur des Finances publiques et un instrument comparatif des différentes propositions concernant les retraites, l’Institut Montaigne propose depuis quelques jours un jeu en ligne autour de l’Assurance maladie.

Le joueur dispose de différentes informations concernant notre démographie vieillissante, l’évolution moyenne des dépenses de santé ( +3,06 %) et le déficit actuel de l’Assurance maladie (26,25 milliards). Il peut à partir de ces données faire évoluer les économies pesant sur les différents secteurs : hôpitaux, honoraires, médicaments, arrêts de travail, rémunération des dentistes et des auxiliaires médicaux, transports et analyses biologiques. En fonction des taux choisis, il voit l’incidence sur le déficit de l’Assurance maladie à l’horizon 2026.

Longue vue nécessaire

Avec ce dispositif, l’Institut Montaigne veut mettre en évidence la nécessité de projections à long terme. « Actuellement, les politiques de santé se résument à des mesures ponctuelles, à des rabots effectués sur tel ou tel poste en fonction des besoins du moment. C’est très insuffisant. Seules des mesures structurelles nous permettraient de sortir durablement de l’impasse budgétaire dans laquelle nous nous trouvons » observe dans le Figaro Angèle Malâtre-Lansac, directrice du Pôle Santé de l’Institut Montaigne. Ce dernier considère par ailleurs que des marges de manœuvre existent, notamment à l’hôpital. « C’est le seul poste de dépenses dont la modulation fait réellement bouger les courbes » note Angèle Malâtre-Lansac.  Elle plaide encore pour une lutte active contre le gaspillage et une véritable entrée dans l’ère numérique.

Pour l’heure, les annonces faites concernant la santé et son financement par Emmanuel Macron sont observées avec une certaine bienveillance teintée de prudence par les responsables du think tank. « Un plan d’investissement de cinq milliards d’euros dans la santé a été annoncé par le nouveau président de la République : il nous paraît essentiel que cet argent soit utilisé pour moderniser réellement notre système de santé grâce au digital » espère par exemple Angèle Malâtre-Lansac.

Aurélie Haroche

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