Comment dépister le rétinoblastome ?

Boston, le samedi 22 novembre 2013 – Comme tous jeunes parents modernes Bryan et Elizabeth ont dès sa naissance multiplié les clichés de leur petit garçon, Noah. Quand celui-ci a eu trois mois, ils ont été étonnés de constater que l’une des pupilles de leur enfant apparaissait blanche sur plusieurs photographies prises à l’aide d’un flash, quand l’autre était « naturellement » rouge. Quelques recherches leur font craindre le pire, qui sera confirmé par une équipe d’ophtalmologues pédiatriques : Noah est atteint d’un rétinoblastome.

Une ombre dans le regard de plus en plus fréquente

Grâce à la vigilance de ses parents, le petit garçon a été pris en charge bien plus précocement que la plupart des enfants touchés par ce cancer qui frappe un sujet sur 15 000 avant l’âge de cinq ans et qui bénéficie dans les pays riches d’un taux de survie supérieur à 95 %. Néanmoins, en reprenant l’ensemble des photos faites de Noah depuis sa naissance, Bryan a constaté que la leucocorie était visible sur certains clichés quelques jours à peine après son arrivée au monde et se faisait de plus en plus fréquente à mesure que l’enfant grandissait (et que la maladie évoluait). Avec l’aide de spécialistes en cancérologie pédiatrique de Boston et de New York, Brian Shaw, chimiste à l’Université de Harvard a étendu ses « recherches » en analysant 7 000 photographies de neuf enfants atteints de rétinoblastome. Ses résultats publiés dans la revue Plos One confirment que « la photoleucocorie (c'est-à-dire la mise en évidence de la leucocorie sur les photos, ndrl) survient dès les stades les plus précoces du rétinoblastome, mais à une fréquence tout d’abord faible et se trouve donc probablement négligée par les parents ».

Si la photo est bonne…

Sur la base de ces constatations et conscient que certains appareils photos (notamment ceux intégrés dans les smartphones) « rendent » parfois les pupilles blanches en l’absence de rétinoblastome, le site de la société canadienne du rétinoblastome propose, comme nous le révèle le Figaro, quelques conseils pour réunir les conditions d’une prise de vue optimale en vue de « détecter » une véritable leucocorie. Lumière, angle de vue, désactivation de la fonction yeux rouges, la procédure est précisément détaillée afin que l’appareil puisse réaliser un véritable « fond d’œil ». De son côté, Bryan Shaw réfléchit à une application qui permettrait de « dépister » la leucocorie sur les photographies numériques.

Aurélie Haroche

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