Comment peut-on (partiellement) parcourir 18 000 kilomètres sans quitter Rennes et pourquoi ?

Rennes, le samedi 15 septembre 2018 – Ce n’est pas un prélèvement banal. Pas seulement parce que c’est peut-être celui de la dernière chance. Mais aussi, parce que les lymphocytes prélevés le 25 juillet au CHU de Rennes dans le service d’hématologie du professeur Roch Houot s’apprêtaient à faire un long voyage. Les « lymphocytes ont été envoyés au Pays-Bas pour être congelés avant d’être acheminés dans un laboratoire implanté à Los Angeles aux Etats-Unis » explique le professeur Roch Houot dans les colonnes de Ouest France. Après ce voyage de 9 000 kilomètres sous haute sécurité, les bio-ingénieurs de la société Kite Pharma ont procédé à une modification génétique dont l’objectif est d’"augmenter" les lymphocytes d’un récepteur (CAR) permettant de détruire les cellules cancéreuses. Cette méthode, dite des CAR-T cells est aujourd’hui considérée comme une véritable révolution en hématologie.

350 000 euros

Cette technique utilisée dans le traitement des leucémies aiguës lymphoblastiques B et des lymphomes diffus à grandes cellules B en rechute on résistant à la chimiothérapie a été approuvée par la FDA fin 2017 et vient de l’être par l’agence européenne du médicament. Mais depuis déjà plusieurs mois en France, où une autorisation temporaire d’utilisation a été validée, des essais cliniques se développent pour permettre aux patients français de bénéficier de cette technologie. Le CHU de Rennes coordonne ainsi en France pour la société Kite un essai multicentrique (auquel participe notamment l’hôpital Saint Louis à Paris). C’est dans ce cadre que s’est déroulé le voyage extraordinaire des lymphocytes d’un patient souffrant d’un lymphome malin résistant à tous les traitements. Le 23 août, les lymphocytes modifiés du malade lui ont été réinjectés. Les premiers résultats, bien qu'encore provisoires, sont très encourageants assure l’équipe. Aujourd’hui, d’autres expéditions se préparent en attendant que des accords sur le prix permettent d’envisager que le traitement puisse être réalisé directement en France : le coût s’élève en effet (aujourd'hui) à 350 000 euros !

Diane Caulet

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