Pourquoi est-il parfois difficile de faire naître le divin enfant ?

Paris, le samedi 18 décembre 2021 – L’ouverture de l’Assistance médicale à la procréation (PMA) aux couples de femmes a entraîné un afflux de demandes de prise en charge dont l’ampleur était inattendue (tout au moins pour les observateurs non rompus à la démographie, à la psychologie et aux mathématiques). Parallèlement, outre les réticences que pourrait susciter chez quelques donneurs l’accès des couples de femmes à la PMA, les évolutions des conditions du don de sperme (en ce qui concerne l’accès à l’identité du donneur) pourraient, au moins dans un premier temps, entraîner une diminution du nombre de volontaires. C’est dans ce contexte d’augmentation très nette des besoins (les couples homosexuels féminins étant ontologiquement stériles) et d’une possible raréfaction des ressources que l’Agence de biomédecine a multiplié ces dernières semaines les incitations aux dons.

Il faut le vouloir…

Cependant, les images de facilité mises en avant pour séduire de nouvelles recrues masquent la réalité du don de sperme qui relève souvent du parcours du combattant. Ce dernier est ainsi régulièrement décrit sur Twitter par des internautes qui malgré leur bonne volonté ont souvent été échaudés par des démarches complexes voire absurdes. Il s’agit de mails dont les réponses automatiques affirment « ne pas comprendre la demande formulée » (concernant par exemple l’adresse du centre le plus proche ou la demande d’informations complémentaires). D’autres (comme l’internaute qui répond au pseudo PtitElias) signalent comment ils ont été contraints de transmettre à plusieurs reprises les mêmes renseignements (y compris leur adresse mail… parfois demandée par mail !) en se voyant affubler d’un « Bonjour madame ». L’étape de la prise de rendez-vous n’est guère plus simple, avec des convocations le plus souvent imposées, dans des délais qui tarissent parfois les meilleures volontés. Enfin, quand le processus est lancé, ils sont nombreux à découvrir médusés que six rendez-vous seront le plus souvent nécessaires. Difficile de comprendre pourquoi les différentes étapes (prélèvement initial pour analyse, analyse sanguine, questionnaire sur les antécédents, rencontre d’un généticien et d’un psychologue) ne peuvent avoir lieu en une seule et même journée. La multiplication de ces rendez-vous ne manque pas d’être considérée comme insupportable par certains, en raison notamment de leurs contraintes professionnelles (à moins que l’on ne cible que des chômeurs ou de très jeunes retraités).  Ces témoignages invitent sans doute à repenser le parcours des donneurs, pour qu’une plus grande souplesse conforte les volontaires dans leur désir de don, plutôt que de les en dissuader.

L.C.

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