Pourquoi les canards sont-ils encore plus vilains en Thaïlande qu’ailleurs ?

Bangkok, le samedi 21 septembre 2013 – Le slogan des prix « Ignobel », qui parodient depuis 1981 les très célèbres prix Nobel en mettant sur le devant de la scène des travaux scientifiques atypiques et insolites, est désormais très connu. Ils prétendent vouloir faire « rire » avant de faire « réfléchir ». Le palmarès 2013 (que nous avons déjà brièvement évoqué dans ces colonnes en nous intéressant aux lauréats français) ne fait pas exception notamment dans la section « Santé publique ». C’est une équipe thaïlandaise qui a reçu la récompense pour avoir signé en 1983 dans l’American Journal of Surgery une revue sur les meilleures techniques de réimplantation du pénis, méthodes qui s’avèrent cependant inefficaces lorsque le pénis a « été partiellement mangé par un canard » peut-on lire dans le résumé succinct proposé par le site des prix Ignobel.

Tradition thaï !

Cette intervention du canard est sans conteste un motif de bouffonnerie digne de Daffy Duck. Néanmoins, rapidement, le rire se mue en réflexion : la présence du « canard » est-elle le fait d’une faute de frappe, d’une erreur d’interprétation, d’un mauvais de jeu de mot intraduisible en Français ? Non, il s’agit bien de l’animal que l’on voit voguer doucement le long des lacs. Pour comprendre l’origine de la publication de Kasian Bhanganada et de ses confrères, il faut tout d’abord rappeler que l’homme Thaïlandais ne brille pas par sa fidélité. Après des millénaires de traditions polygames, l’interruption brutale de cette coutume il y a un peu plus d’un siècle a laissé des traces. Mais, jadis fatalistes face aux mauvaises habitudes de leurs époux, les femmes thaïlandaises se sont montrées de moins en moins dociles. Et c’est ainsi que l’on a assisté depuis les années 70 à une véritable « épidémie » de sections sauvages de pénis ! Il y a deux ans, l’AFP rencontrait ainsi le docteur Surasak Muangsombot, chirurgien à l’hôpital Paolo Memorial de Bangkok. Depuis sa première réimplantation de pénis en 1978, le praticien a effectué, à lui seul, 33 interventions du même type ! Un chiffre non exhaustif et qu’il faut mettre en regard avec les très rares cas recensés dans la très grande majorité des autres pays où l’on dénombre le plus souvent moins d’un ou deux drames de cet acabit.

Epidémie de publications !

La « fréquence » des cas d’amputation du pénis a permis aux chirurgiens thaïlandais d’acquérir une solide expérience en la matière, d’autant plus qu’ils sont parfois confrontés à des difficultés supplémentaires plutôt insoupçonnées. Et c’est là que le canard entre en scène. Car non contente de se montrer peu accommodante et de disposer de couteaux de cuisine acérés, la femme thaïlandaise vit souvent dans une maison sur pilotis en dessous de laquelle vivent cochons et canards ! Or, quand le pénis est jeté à ces derniers, les dommages sont tels que la réimplantation se révèle bien douloureuse. Et le fait de jeter le pénis de son mari volage aux canards plutôt qu’aux orties ne serait pas si rare, puisqu’existerait en Thaïlande une expression consacrée dans ce sens. Voici donc la raison pour laquelle les canards sont si importants dans la publication épinglée par l'Ignobel, publication qui soulignons-le a inauguré une épidémie de travaux du même genre. Pas une décennie ne se passe depuis 1983 sans qu'une équipe ne se penche sur le phénomène des amputations de pénis en Thaïlande! Des futurs prix Ignobe ?

Aurélie Haroche

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