Qu'ont en commun François Pinault, Jean-Baptiste Descroix-Vernier et Luc Montagnier ?

Amsterdam, le samedi 1er mars 2014 - Les requêtes Google enregistrent un pic inattendu avec les termes « Jean-Baptiste Descroix-Vernier ». A l'origine de ce frémissement (restons modeste!), des dizaines de lecteurs du JIM recherchent qui se cache derrière ce patronyme complexe après la publication du Quizz de la semaine. C'est une équation qui comporte deux termes connus (François Pinault, l'homme d'affaires milliardaire et Luc Montagnier, prix Nobel de médecine pour sa découverte du VIH) et une inconnue : Jean-Baptiste Descroix-Vernier. Or pour résoudre l'énigme, déterminer ce qui réunit ces trois personnalités, la clé pourrait résider là, derrière ce patronyme complexe. Voilà qui explique le « pic » de requêtes Google. Les dreadlocks du fondateur de Rentabiliweb, entreprise qui ne connaît pas la crise, spécialisée dans le paiement en ligne risquent de ne pas pouvoir vous éclairer. À moins de tomber sur les articles consacrés ces derniers jours au lancement d'Immunobank.

Science fiction

Avec le professeur Luc Montagnier, Jean-Baptiste Descroix-Vernier est en effet le président du conseil de surveillance d'Immunobank, qui a largement bénéficié de la participation de François Pinault (à hauteur de 21 %). À l'instar de sociétés semblables existant aux États-Unis, Immunobank vous propose de conserver vos lymphocytes en vue d'une éventuelle utilisation pour lutter contre un mélanome, un autre type de cancer ou plus simplement les méfaits de l'âge. « Lorsque les fantassins d'une armée sont épuisés, il faut les remplacer. Nous stockons de jeunes soldats, c'est-à-dire des lymphocytes garants de l'immunité, pour les envoyer plus tard au combat » résume cité par Le Journal du Dimanche, le docteur François Fisch, président d'Immunobank. Pour bénéficier du bilan immunologique, du prélèvement et du stockage de ses lymphocytes pendant 10 ans, il faudra débourser 43 000 euros, tandis que les responsables assurent pouvoir envoyer les échantillons en France si nécessaire, en vue de leur réinjection. En effet, bien que dirigée et majoritairement financée par des Français, Immunobank est une entreprise néerlandaise basée à Amsterdam : la conservation de produits du corps humain en vue d'une éventuelle utilisation pour soi même au sein de structures privées est en effet interdite en France (les débats autour du prélèvement et la conservation du sang de cordon ont permis de le rappeler à plusieurs reprises). D'ailleurs en France, de nombreux spécialistes sont effarés par un tel projet. « C'est de la science fiction! Qui peut affirmer que les cellules stockées seront utilisables demain? » s'exclame Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de l'Agence de Biomédecine, citée par le Journal du Dimanche. Ces critiques n'empêchent nullement les acteurs d'Immunobank de croire en leur succès : ils tablent sur 1,2 millions d'euros de chiffres d'affaires dans un an.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article