Que vaut-il mieux (peut-être) ne pas laisser à la petite souris ?

Sculpture faite à partir de dents de lait

Londres, le samedi 21 octobre 2017 – Et si les mères qui se prêtent à la conservation, telles des reliques, des dents de lait de leurs enfants n’avaient pas tort ? Ces dernières pourraient en effet avoir une valeur plus importante qu’un souvenir vaguement sanguinolent d’un rite de passage vers l’âge de raison.

Controverses éthiques et scientifiques

La conservation de cellules souches en vue d’une hypothétique utilisation future (dans le cas du développement dans l’avenir d’une pathologie pouvant être traitée grâce à l’utilisation de cellules souches) est l’objet de nombreux débats scientifiques et éthiques. Ceux qui s’y opposent mettent en avant différents types d’argument, dont l’absence de garantie que les cellules souches répondront à toutes les promesses qu’on leur prête aujourd’hui (si ce n’est celles auxquelles elles répondent déjà). L’absence d’égalité entre ceux qui peuvent organiser la conservation de cellules souches (issues notamment du sang de cordon) et ceux qui ne le peuvent pas pour des raisons financières et familiales est également mise en avant, notamment en France, pour refuser l’idée d’un stockage à titre personnel.

Inaccessible aux sans dents

On le sait, d’autres pays ont adopté une optique différente et se montrent très favorables à la constitution de banques publiques et privées de cellules souches. Pour ce faire, les cellules issues du sang de cordon ne sont pas les seules recherchées. En 2011, le professeur Sara Rankin, biologiste à l’Imperial College de Londres s’est lancé dans un projet scientifique et artistique ayant pour objectif la récolte de 12 000 dents de lait, à la fois pour constituer une œuvre mais aussi pour alimenter une banque de cellules souches. Cependant, pour jouir du fruit de la dent de lait, c'est-à-dire le réservoir de pulpe dentaire, il est préférable que les parents retirent la dent avant qu’elle ne tombe seule. Puis, la dent doit être envoyée à la banque afin que les cellules souches puissent être extraites et conservées à basse température. Outre les chercheurs britanniques, des institutions suisses proposent un tel stockage moyennant un forfait assez élevé (2 100 euros par dent !). Difficile de savoir si les cellules souches ainsi extraites pourront réellement être utilisées, le cas échant. Difficile également de savoir pourquoi ces différents projets nés en 2011 ont cette semaine fait la "une" de l’actualité dans plusieurs journaux français !

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article