Quel est le cadeau que certains éducateurs ne veulent pas voir au pied du sapin ?

Paris, le samedi 21 décembre 2013 - Chaque année, le père Noël reçoit une liste un peu particulière : elle énumère les cadeaux dont la dangerosité réelle ou supposée devrait leur interdire droit de cité sous les branches du sapin. Au fil des Noëls, la nature des présents toxiques change mais le risque pour la santé des enfants est fréquemment mis en avant. Ces dernières années figuraient en bonne place les jouets contenant diverses substances suspectées d'être des perturbateurs endocriniens. La tendance ne s'est pas totalement émoussée mais elle paraît aujourd'hui être détrônée par la crainte qu'inspire l'utilisation des écrans par les tout petits.

Pas d’écran avant deux ans, voire trois !

Constatant  sans doute que nombre de parents utilisent leurs I-Phone et I-Pad pour égayer, occuper et parfois calmer leurs nouveau-né, Fisher Price propose un transat comportant un support sur lequel peut s'adapter n'importe quelle tablette. Le dispositif est très sévèrement critiqué par plusieurs associations de parents et d'éducateurs aux Etats-Unis et en Europe. Des pétitions circulent notamment dans le but d'obtenir son retrait par Fisher Price. Les détracteurs de ce transat d'un genre un peu particulier sont horrifiés par un système qui bloque les enfants devant l'écran sans leur laisser le choix de s'échapper. Surtout ils rappellent que de nombreuses organisations de pédiatres (dont l'Association Américaine de Pédiatrie) déconseillent le recours aux écrans par les moins de deux ans, soulignant l'importance de privilégier à cet âge là les interactions humaines et avec le monde réel qu'empêcheraient télévision et autre tablette. Par ailleurs, certains s’offusquent que des enfants si jeunes (le transat est réservé à ceux pesant moins de 18 kilos) soient déjà la cible de la publicité et d’objets marketés (ce qui constitue un argument un peu éloigné des préoccupations sanitaires mises en avant et dont devraient être seuls juges les familles!). Embarrassé mais sans doute pas prêt à retirer son produit qui au-delà des critiques a su satisfaire certains (mauvais ?) parents, Fisher Price aura tenté d’apaiser la polémique en précisant : « Nous recommandons à ceux qui choisissent d’exposer leurs enfants aux médias électroniques de limiter le temps, de faire des pauses, de surveiller leurs enfants, et d’interagir avec eux ».

Des recommandations utopiques

La polémique relance la réflexion sur le rôle qui doit être accordé aux écrans dans la vie des tout petits et sur la dangerosité réelle de ces derniers sur leur développement. S’il est sans doute dommageable et regrettable que les tablettes se substituent complètement au lien avec l’entourage et avec les parents, les interdictions totales sont-elles réellement justifiées d’un point de vue sanitaire (et pas seulement « moral ») et sont-elles seulement réalisables (et souhaitables) dans notre monde actuel ?

Aurélie Haroche

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