Quelle est la recette du kebab, façon armée Egyptienne ?

Le Caire, le samedi 7 mars 2014 - L'armée égyptienne est en campagne... électorale. Et elle ne lésine pas sur les moyens pour gagner les voix du peuple. Le 23 février, une annonce tonitruante propre à changer la face du monde (et en tout cas celui du pays de Cléopâtre) : l'armée égyptienne a mis au point une machine capable de dépister le VIH, l’hépatite C (qui touche près de 15 % de la population égyptienne), le virus H1N1 et la grippe porcine… mais aussi de les soigner ! Fruit de 22 ans de recherche, ce dispositif baptisé « Complete Cure Device » repose sur la destruction des cellules infectées par les virus et à leur remplacement par des acides animés, grâce à des ondes électromagnétiques. La guérison est obtenue en dix jours et le taux de réussite atteint 100 %. De quoi, comme le fait la presse proche du pouvoir crier au miracle, au « cadeau du ciel ». Bien sûr, le secret est jalousement gardé : il est déjà prévu que l’appareil ne sera pas livré aux forces étrangères.

Hilarité et consternation

La communauté scientifique mondiale et la presse internationale n’ont pas été les seuls à se montrer plus que dubitatives sur le sujet. Une partie des médias égyptiens a également émis d’importantes réserves, tandis que sur la toile, l’affaire provoqua moqueries et ironie. « Je suggère que l’on injecte le virus à Sissi et qu’on le soigne avec l’invention de l’armée pour prouver son efficacité » n’a ainsi pas hésité à lancer un internaute, cité par France 24, tandis que d’autres commentaires ridiculisaient cette annonce de l’armée égyptienne commandée par le général Abdel Fattah al-Sissi, homme fort du pays. Pas de quoi inciter celle qui aurait peut-être mieux fait de rester une grande muette à renoncer à ses travaux scientifiques. Ibrahim Abedl Aaty, à la tête des services de santé de l’armée a ainsi voulu faire une démonstration sans appel de l’efficacité du dispositif : « J’extrais le sida du patient et je le nourris du sida. Je le lui donne une brochette de kebab pour s’en nourrir. Je prends la maladie et la lui donne à manger, preuve de l’innocuité du virus » a-t-il déclaré sans plaisanter ! Voilà qui a déclenché une nouvelle salve d’hilarité, mais aussi de consternation face à l’absence de limites de l’armée dans sa quête de voix (absence de limites qui souvent malheureusement se révèle, quand elle emploie des moyens plus violents, bien moins « drôle »).  

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Un précédent sud africain

    Le 10 mars 2014

    El la guérison du Sida, qui n'était pas d'origine virale bien sûr, via des traitements "traditionnels" à bas de jus de citron, de gimgembre, "fruits et légumes" divers et variés etc... Vous en souvenez vous ?
    C'était dans les années 2000, en Afrique du Sud, sous l'égide du gouvernement d'alors, le président Mbeki.
    Mais évidemment, on ne se serait pas permis de "ridiculiser" publiquement la "nation arc en ciel" commme on le fait pour l'Egypte.

    YD

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