Qu’est-ce que les adolescents chinois ne pourront plus faire au-delà de trois heures par semaine ?

Paris, le samedi 4 septembre 2021 – La jeunesse est souvent considérée comme décevante, inapte à répondre aux attentes de la société et inférieure aux générations qui l’ont précédée. Partout (et de tout temps) où ce constat récurrent est fait, on cherche des coupables, des éléments perturbateurs nouveaux qui auraient ainsi corrompu les futurs adultes. L’utilisation constante d’écran et à travers eux les jeux vidéos sont ainsi régulièrement désignés, dans de nombreux pays, comme des responsables tout trouvés. En Chine, c’est une conviction. Les mauvais résultats scolaires, la baisse de la vision, l’augmentation du surpoids des jeunes Chinois seraient, assure-t-on, principalement liés à leur appétence pour les jeux vidéo. A tel point, que certains n’hésitent pas à les qualifier « d’opium mental », dans un pays où cette comparaison renvoie à d’autres dénonciations.

Trois heures par semaine, seulement le week-end, et de 20 à 21 heures !

Il y a déjà quelques années, Pékin avait mis en place un traitement contre cette « maladie », en limitant pour les mineurs le temps d’accès aux plateformes de jeux, via un contrôle systématique de l’identité. A la fin du mois d’août, le gouvernement chinois a durci cette politique : désormais, il ne sera plus possible aux mineurs que de jouer trois heures par semaine, pas plus d’une heure d’affilée et uniquement les vendredis, samedis et dimanches de 20 heures à 21 heures ! Zélés, certaines plateformes visées par ces nouvelles règles, ont déjà annoncé qu’elles allaient renforcer leurs procédures de contrôle (souvent détournées) en recourant à une identification par reconnaissance faciale.

Une mesure liberticide et inadaptée

Bien sûr, même dans un pays où les libertés sont confisquées, la mesure a suscité un vent de colère chez les adolescents Chinois, qui subissent déjà de multiples contraintes et une pression de réussite scolaire qui dépasse souvent les exigences des pays occidentaux. A l’étranger, au-delà de cette nouvelle constatation du caractère liberticide du régime chinois, on déplore une politique qui fait du jeu vidéo un produit assimilable au tabac ou à l’alcool. Or, les phénomènes de dépendance au jeu vidéo, s’ils existent, sont bien moins fréquents qu’avec tabac et alcool. D’ailleurs, le jeu vidéo n’est pas dénué de certains effets positifs. En tout état de cause, les spécialistes considèrent que l’éducation (qui est le rôle d’abord des parents et non de l’Etat !) et la prise en charge (pour les personnes présentant un phénomène de dépendance qui souvent est en réalité la manifestation d’une souffrance autre) seraient bien préférables à cette politique liberticide. Sera-t-elle seulement « efficace » ? Difficile d’en être convaincu quand les moyens de contournement existent, notamment la possibilité de se rendre sur des plateformes de jeu étrangères.

A.H.

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Vos réactions (1)

  • Jeu video

    Le 04 septembre 2021

    C'est le meme pb dans tous les pays, pseudo democratique ou pseudo totalitaire! En France, l'autorité et l'éducation ne sont plus de la responsabilité depuis belle lurette! En Chine, le parti décide de tout! résultat? et le corona n'est que la cerise sur le gâteau!

    Dr Jean-Paul Vasse

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