Qu’est-ce qui a diminué d’un pour cent aux Etats-Unis entre 2001 et 2015 ?

Atlanta, le samedi 24 novembre 2018 – Le vaccino-scepticisme est parfois qualifié de mal franco-français. Si différentes enquêtes ont de fait établi que les attitudes de rejet des vaccins paraissent plus marquées en France que dans d’autres états occidentaux, d’autres pays (riches) ne sont pas épargnés. Ainsi, les Etats-Unis ont été eux aussi confrontés ces dernières années à des mouvements de défiance contre les vaccins. Les conséquences sont visibles.

D’abord, les foyers d’épidémie de rougeole (pourtant considérée comme éliminée en 2000) se multiplient. Par ailleurs, les couvertures vaccinales chez les plus jeunes tendent à stagner voire à régresser. Ainsi, selon des chiffres récemment publiés par les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), la part d’enfants de deux ans n’ayant reçu aucun des 14 vaccins recommandés est passée de 0,3 % en 2011 à 1,3 % en 2015. On compte ainsi aujourd’hui 47 700 enfants nés en 2015 qui n’ont été protégés contre aucune des quatorze maladies ou groupe de maladies contre lesquels il existe des vaccins efficaces.

L’indispensable implication des états

Outre l’influence des discours hostiles à la vaccination, les experts du CDC signalent le rôle joué par les difficultés financières. Ainsi, les taux de vaccination sont moins élevés chez les enfants dont les parents relèvent des programmes fédéraux de couverture de santé que chez ceux dont les familles bénéficient d’assurance privée. Néanmoins, les rapports entre pauvreté et couverture vaccinale ne sont pas totalement directs. Ainsi, dans des régions très pauvres comme le Mississipi, le recours à la vaccination est très élevé, quand dans des régions plus favorisées (comme Washington DC) les couvertures peuvent être plus basses. Ici, l’implication des services fédéraux est essentielle : dans le Mississipi, la mise en place du programme Vaccins for Children qui assure un accès gratuit aux vaccins a largement contribué à l’adhésion des populations. « Bien que nous sachions que le choix des parents joue clairement un rôle, nous voyons également dans ce rapport que l’accès semble poser problème » a observé Amanda Cohn, responsable de la vaccination au sein des CDC.

Diane Caulet

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