Qui paraît irrémédiablement dépendant de l’appât (fumeux) du gain ?

Paris, le samedi 15 décembre 2018 – Ne nous y trompons pas : en dépit du nom de son nouveau produit, il ne s’agit pas d’une entreprise commercialisant des légumes mal aimés des enfants mais réputés pour leur qualité nutritive. Spinach, récemment lancée par la société canadienne Cronos, est en effet une marque de cannabis. Et non contente de vouloir profiter du juteux marché du cannabis récréatif qui vient de s’ouvrir au Canada, la petite entreprise vient en outre de nouer une alliance hallucinante : Marlboro a en effet déboursé 1,8 milliard de dollars pour acquérir 45 % du capital de cette société dont le chiffre d’affaire ne dépasse pas pour l’heure 3 millions de dollars !

Boire ou fumer…

Ce choix de Marlboro illustre l’engouement des cigarettiers pour le cannabis à l’heure où de nombreux pays légalisent l’accès à ce produit à des fins thérapeutiques et quand plusieurs autres s’interrogent de plus en plus activement sur l’opportunité d’une autorisation plus large de cette substance. Loin de préférer se reconvertir dans des produits ne présentant pas un profil de toxicité sensiblement comparable à celui du tabac, Marlboro et les autres s’intéressent d’abord aux profits possibles. Les cigarettiers ne sont pas les seuls sur ce créneau : sans surprise, les alcooliers investissent également dans ce secteur. Ainsi, Le Monde rappelle que le groupe américain de spiritueux Constellation Brand a versé 4 milliards de dollars en août dernier pour entrer dans le capital d’une autre entreprise canadienne spécialisée dans le cannabis, Canopy Growth.

Fumée sans feu ?

Ces investissements pourraient-ils cependant se transformer en feu de paille ? Habitués, les cigarettiers et les alcooliers semblent prêts à être confrontés aux législations contraignantes, tandis que les procès pour dissimulation de la toxicité du produit semblent ici moins probables, compte tenu de la bonne connaissance des dangers associés au cannabis. Mais les risques pourraient également être liés à la fébrilité du marché : en Suisse, si l’autorisation de la vente du chanvre en 2016 l’avait fait flamber, aujourd’hui, 20 % des producteurs de CBD seraient en danger. Leurs bénéfices partis en fumée…

Aurélie Haroche

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