Qui pourrait avoir favorisé une épidémie de tics ?

Londres, le samedi 12 décembre 2021 – Les effets délétères d’une utilisation trop importante des réseaux sociaux par les adolescents sont régulièrement interrogés. Souvent ces réflexions aboutissent à la constatation de la difficulté de déterminer si c’est le contexte d’utilisation des réseaux sociaux ou ces derniers en eux-mêmes qui peuvent être à l’origine de l’apparition de troubles. Les cas soulevés par trois pédiatres du Great Ormond Street Hospital for Children ne font pas exception. Dans une lettre publiée par le BMJ en octobre, ces trois spécialistes ont évoqué comment au lendemain des confinements et des fermetures d’école, ils avaient vu se multiplier les consultations d’adolescents et surtout d’adolescentes souffrant de tics. Or, l’histoire de certains de ces patients a révélé qu’ils avaient été des utilisateurs très assidu du réseau social TikTok. L’attention des trois praticiens a notamment été aiguisée par le mot dièse « tourette » qui comptabilise 4,8 milliards de vues. Derrière ce signe de ralliement, des milliers d’adolescents partagent des vidéos où on les voit secoués de tics moteurs ou sonores. Certains des adolescents reçus en consultation par les trois praticiens ont pu multiplier les visionnages de ces vidéos avant de développer eux-mêmes certains tics (ou de voir leurs propres tics s’aggraver). Les trois pédiatres estiment qu’avec ce hashtag est potentiellement né, dans cette période très anxiogène du confinement, un sentiment de reconnaissance et d’appartenance réconfortant. « Cette attention et ce soutien ont pu, par inadvertance, maintenir et renforcer les symptômes » écrivent les praticiens qui remarquent donc que ce n’est pas TikTok qu’il faut incriminer directement mais plutôt son contexte d’utilisation.

M.P.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article