Qui pourrait pousser son dernier souffle à 200 ans ?

Paris, le samedi 1er février 2014 - Vous vous souvenez peut-être précisément du jour ou vous avez acheté votre premier. Premier jour d'externat, anxiété et joie mêlées, pluie fine des jours d'automne. Depuis, il s'est peut-être abimé, sans doute  l'avez vous remplacé, mais aussi gardé religieusement. Peut-être faites-vous partie de ceux qui rechignent à le prêter, peut-être l'oubliez-vous souvent, peut-être vos enfants ont-ils joué avec (au mépris des règles d'hygiène) et nourri leur futur vocation. Difficile quoiqu'il en soit d'imaginer qu'un jour il ne sera plus vissé autour du cou des internes, infirmières et médecins sillonnant les couloirs des hôpitaux. Et pourtant, il pourrait ne pas être si lointain le jour où de jeunes externes répondront d'un regard abruti au "vieux" médecin agacé bougonnant « Où ai-je mis mon stéthoscope ? ».

Au cœur de la révolution

C'est ce que prédisent les Professeurs Jagat Narula et Bret Nelson (Mount Sinaï School of Medicine, New York) dans la dernière livraison de la revue Global Heart. Pour eux, il ne fait guère de doute que « les échographes portables à peine plus gros qu'un paquet de cartes à jouer, avec une technologie et des écrans inspirés des smartphones modernes » supplanteront bientôt le bon vieux stéthoscope. Certes le prix de ces appareils, bien qu'ayant fortement baissé ces dernières années, font qu'ils restent sérieusement concurrencés par le stéthoscope, aujourd'hui si bon marché, un argument de prix, notamment dans les pays en voie de développement. Certes, il sera difficile avant la fin de leur carrière de faire accepter aux médecins « d'âge mur » (comme les appellent pudiquement les auteurs) que le stéthoscope a vécu. Mais pour les professeurs Narula et Nelson, « les conditions sont réunies pour un bouleversement » en particulier sous l'égide de la nouvelle génération d'étudiants mieux familiarisés avec ce type de dispositifs. « Ces étudiants verront l'avènement d'une échographie guidée par une ultrasonographie ciblée » prédisent les deux auteurs. Le stéthoscope inventé par Laennec aura 200 ans le 17 février 2016.

Faut-il vraiment croire qu'il aura alors entendu son dernier souffle ?

Léa Crébat

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