De l’infiniment grand à l’infiniment petit

Paris, le samedi 12 octobre 2013 – La mi-octobre voit depuis vingt et un ans revenir chaque année une manifestation qui partout en France, dans les jardins, les universités, les écoles fête la science. Il s’agit d’exalter la richesse de la recherche scientifique française, d’attiser la curiosité des plus jeunes et de renforcer celle des plus âgés. Pour pouvoir toucher le plus grand nombre de concepts et de visiteurs, l’édition 2013 se propose de passer de l’infiniment grand à l’infiniment petit. « Un voyage des confins de l’Univers jusqu’aux minuscules quarks constituant les protons et les neutrons » nous résume le site officiel de l’événement. En médecine, on touchera plus souvent au minuscule mais avec quel grandeur puisque plusieurs conférences et expositions ces 12 et 13 octobre nous proposeront de nous pencher plus précisément sur les nanoparticules, qui semblent devoir constituer des technologies incontournables pour l’avenir de la pharmacologie.

Sans pouvoir prendre son destin en main

Ce mouvement de balancier perpétuel entre l’infiniment grand à l’infiniment petit pourrait être le fil conducteur de nos vies. Nous sommes ainsi souvent, êtres minuscules dont les individualités échappent à toute visibilité, propulsés dans la grande histoire. Ce fut le cas de ce tailleur de Dallas, Abraham Zapruder, venu acclamer le passage de la décapotable de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963. Accompagné de sa famille, il voulut immortaliser l’instant avec sa caméra amateur. Les images qu’il capta alors devinrent parmi les plus célèbres de l’histoire. « Parkland », premier long métrage de Peter Landesman  raconte le point de bascule de la vie de ce « badaud » et plus encore l’impact tragique de l’assassinat du Président dans la vie intime d’une poignée de personnes « directement » frappées.  Le film se concentre ainsi également sur le jeune interne (interprété par Zac Efron) qui reçut, impuissant, le Président à l’hôpital de Parkland ou encore sur l’infirmière (campée par Marcia Gay Harden) qui tenta de le soutenir dans cette épreuve, le noyau dur d’une équipe soignante qui deux jours plus tard devait prendre en charge Lee Harvey Oswald (avec la même conclusion). 

Le pouvoir dans les mains

Sans être ainsi projeté dans l'Histoire, notre petitesse nous est chaque jour rappelée, prenant la forme d'accidents minuscules mais grandement tragiques. Est-il possible de transcender cette insignifiance ? De toucher à la grandeur de l'ordre des choses ? Ce sont les questions qui portent le dernier film d'Olivier Dupeyron, notamment connu pour « La Chambre des officiers ». Dans « Mon âme par toi guérie », Frédi (Grégory Gadebois) a hérité, de sa mère, d'un don de guérisseur. Il refuse de s'en servir jusqu'à ce qu'un soir, un peu ivre, il envoie un jeune garçon à l'hôpital. Débute alors une réflexion intime sur notre rôle face à la souffrance des autres.

Main dans la main

Infiniment sombre et infiniment exalté : ainsi pourraient être décrits deux des personnages de la pièce « Nos femmes » d'Eric Assous qui triomphe au Théâtre de Paris. Richard Berry interprète Max, un radiologue taciturne et solitaire dont Paul joué par Daniel Auteuil, rhumatologue semble être le parfait inverse. Exubérant et joyeux, il explose de vitalité face à son compagnon. Nous ne sommes cependant pas face à un duo, mais à un trio, le dernier étant campé par Didier Flamand, dont l'arrivée, en retard, un soir dans l'appartement de Max noue la péripétie de cette pièce comique. Une pièce qui par certains aspects rappellera le « Art » de Yasmina Reza sur ce qu'elle dit des petits et grands drames de l'amitié masculine.

Aurélie Haroche

Références
Exposition : « La Fête de la Science », expositions, conférences, débats sur le thème de l'infiniment grand et l'infiniment petit, partout en France, depuis le 9 octobre et jusqu'au 12 octobre.
Cinéma : « Parkland », de Peter Landesman, sortie le 2 octobre, 1h34.
« Mon âme par toi guérie », d'Olivier Dupeyron, sortie le 25 septembre, 2h04
Théâtre : « Nos femmes », d'Eric Assous, mise en scène de Richard Berry, 15 rue Blanche, 75009 Paris, depuis le 24 septembre.

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