Et moi qu’aurais-je fait ?

Paris, le samedi 26 avril 2014 – A l’aube d’un choix, d’un dilemme pas tout à fait cornélien mais néanmoins déterminant, il nous arrive parfois de penser à ceux et celles qui au cours de l’histoire, au cours de leur vie ont été confrontés à des alternatives cruciales, des questionnements qui impliquaient le bien et le mal, la vie et la mort, l’immobilisme ou le mouvement. Dans nos esprits encore très marqués par la seconde guerre mondiale, cette réflexion nous conduit souvent à nous interroger sur ce que nous aurions fait au début des années 40. Cette question hante le nouveau roman de Denis Labayle, « A Hambourg, peut-être… », dont les deux héros sont comme lui médecin. L’histoire se passe au début de la guerre et le professeur Dejean, chirurgien, reçoit une proposition troublante d’un « confrère » allemand. « Opérez avec moi certains malades difficiles et, en échange, je vous ferai livrer les médicaments dont vous manquez cruellement » offre-t-il. Quelle décision prendre face à ce pacte ? C’est le thème de ce roman où l’on retrouve le talent de conteur de Denis Labayle et tout en même temps sa facilité à mêler la pensée philosophique à l’aventure la plus soutenue.

Ma vie en bulles

Il est également question de guerre dans l’exposition proposée actuellement au musée de l’Histoire de l’Immigration à Paris. Fidèle à son objectif d’offrir un autre regard sur l’immigration, le musée propose de s’intéresser à l’exil en le lisant à travers les bandes dessinées d’auteurs personnellement concernés. Parmi les œuvres présentées, on retiendra par exemple les planches de Marguerite Abouet, dont l’héroïne Aya de Yopougon, jeune fille élevée dans un quartier populaire d’Abidjan (rebaptisé Yop City) rêve d’échapper à sa condition et de devenir médecin. La bande dessinée retrace les choix décisifs de la jeune femme afin d’atteindre son rêve et en particulier celui du départ. 

Ma vie en film

Se demander quelle serait notre attitude face aux chemins singuliers du destin nécessite parfois de se confronter à la maladie et à la mort. Les sujets sont graves mais le téléfilm de Richard Berry « Esprit de famille » diffusé sur France 2 mardi 30 avril n’est nullement empreint de tristesse. Il faut dire que ses deux acteurs principaux, Ary Abittan et Michaël Youn ne sont pas connus pour leur mine défaitiste. Ils servent néanmoins parfaitement cette fiction qui est directement inspirée de l’histoire de Richard Berry. Deux frères, confrontés à la maladie rénale de leur sœur, vont entrer dans un processus de sélection afin qu’elle puisse recevoir un nouveau rein. Comment réagir face à la pathologie d’un proche ? Comment lui apporter son aide ? Comment faire face à la crainte des risques pour sa propre vie ? Toutes ces questions traversent ce téléfilm où Richard Berry campe pour sa part un néphrologue.

Ma vie en synthèse

Les progrès de la transplantation pourraient être plus importants demain grâce au développement de la biologie moléculaire et synthétique. La formidable aventure de la biologie synthétique est racontée par un des pionniers en la matière, l’américain Craig Venter. Dans « Le vivant sur mesure » dont une traduction vient de paraître en France, il retrace les différentes étapes fondamentales pour le développement de la biologie auxquelles il a participé du séquençage du génome humain à la mise au point en mai 2010 de la première bactérie synthétique. Face à cette prouesse qui soulevait de nombreuses interrogations éthiques concernant les dangers de la manipulation du vivant, Craig Venter s’est-il posé la question de savoir ce qu’il devait faire ? « Ce que je redoute le plus, ce n’est pas que nous abusions de cette technologie, mais que nous ne nous en servions pas du tout, laissant ainsi passer une chance remarquable », répond le scientifique dans son livre. Où l’on comprend que plus que la question, l’essentiel est souvent l’action.

Roman : « A Hambourg, peut-être… », Denis Labayle, Editions Dialogues, 19,90 euros, 198 pages

Exposition : « Albums, bande dessinée et immigration », 1913-2013 », Palais de la Porte Dorée, musée de l’Histoire de l’Immigration, 293, avenue Daumesnil, 75012 Paris. Jusqu’au 27 avril

Télévision : « Esprit de famille », France 2, mercredi 30 avril, 20 h 45

Récit : « Le vivant sur mesure », de J. Craig Venter, Jean-Claude Lattès, 250 pages, 25 euros

Aurélie Haroche

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