Et qui me ressemblait comme un frère...*

Paris, le samedi 14 septembre - Miroir labyrinthique, la jalousie nous promène dans un dédale d'images ou nous recherchons tout autant ce qui nous différencie et ce qui nous rapproche du frère ou de la sœur adoré et honni. Ce brouillard des apparences, ces coups que l'on porte autant à soi qu'à l'autre, cette confusion entre les âmes est la ligne sombre de « Black Swan » de Darren Aronofsky, diffusé le 15 septembre à 20 h 30 sur France 2. Natalie Portman est un cygne blanc et noir fragile et inquiétant dont les démons jaloux offrent un reflet troublant.

Une demoiselle

Cygne blanc, cygne noir sont deux ombres sœurs dans « Black Swan », quand dans « Tirer la langue mademoiselle » premier film d’Axelle Ropert, sorti sur les écrans le 4 septembre, les rapports entre deux frères (Cédric Kahn et Laurent Stocker) vont glisser de lumière à ombre. Ils semblent d'abord être les deux visages de la même bonté, les docteurs Boris et Dimitri Pizarnik, qui prennent sous leur aile la fille diabétique d'une mère célibataire (interprétée par Louise Bourguoin). Mais lorsqu'il ne s'agit plus seulement de prendre soin de la fille, mais plus certainement d'aimer la mère, la jalousie et la rivalité hantent les deux frères et la comédie se fait moins légère.

Une garçonnière

Le spectre de la jalousie est également le fil brûlant du deuxième roman d'Helene Grémillon, « La Garçonnière ». Le jeune écrivain qui s'était fait remarquer avec son premier opus « Le Confident » revient avec une intrigue douloureuse : la femme d'un psychanalyste est retrouvée morte. Son époux, immédiatement soupçonné, est épaulé par une patiente pour retracer l'itinéraire de la jeune femme. Dans cette Argentine de la fin des années 80 où la psychanalyse était reine, l'enquête va nous emmener à la découverte d'une folle jalousie fraternelle et sentimentale comme l'explique Hélène Grémillon elle-même.

Une souricière

On l'aura compris, bien que ménageant un certain suspens, « La Garçonnière » n'est pas un roman qui utilise les ressorts techniques de la police scientifique pour dénouer son intrigue. Mais ne nous montrons pas jaloux de plaisirs différents et courrons découvrir les méthodes plus sophistiquées les unes que les autres de la police scientifique à l’occasion d’une visite à Roanne. A travers des reconstitutions de scènes de crime, il est possible de se prendre pour l’inspecteur le plus chevronné et d’observer les duels fratricides comme si l’on demeurait à l’abri des regards… comme derrière une jalousie.

*Vers qui rythme « La nuit de décembre », poème d’Alfred de Musset

Aurélie Haroche

Références
Télévision : « Black Swan » de, France 2, dimanche 15 septembre, 20 h 30.
Cinéma : « Tirer la langue mademoiselle », sortie le mercredi 4 septembre, 1 h 42.
Roman : « Une Garçonnière », Hélène Grémillon. Flammarion.
Exposition : « Zoom sur la police scientifique », IUT de Roanne, du 2 septembre au 30 novembre.

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