Le refus

Paris, le samedi 3 décembre 2016 – Etre médecin ne prémunit pas contre la barbarie et la cruauté, de nombreux exemples l’ont illustré au cours de l’histoire. Cependant, pour beaucoup, la médecine est plus qu’un simple art, un simple métier. Elle est une ligne de vie qui interdit certains agissements. C’est parce qu’il est médecin mais également parce qu’il est croyant que Desmond refuse de tuer. Pourtant, il veut servir son pays. Engagé dans l’armée, il refuse de tenir une arme. C’est en tant que médecin qu’il officie auprès des autres soldats et lors de la bataille d’Okinawa, au pied de la falaise de Maeda, il parviendra à sauver des dizaines d’hommes. Inspirée d’une histoire vraie Tu ne tueras point, dernier film de Mel Gibson, est une nouvelle dissertation du réalisateur américain sur la force de la foi. Mais certains y verront également une réflexion sur la difficulté de conserver inébranlables ses convictions sous le déluge du feu et du sang. La beauté des images et de l’interprétation apporte un trouble supplémentaire au propos.

Chances

Avec plus de simplicité, tant sur le fond que sur la forme, Les Enfants de la chance, qui raconte elle aussi l’histoire vraie de Maurice Grosman, met également en scène le médecin sous les traits non pas du héros, mais de celui qui refuse. Parce qu’une tuberculose osseuse lui a été diagnostiquée (dont on ne parvient pas exactement à déterminer si elle est réelle ou inventée par l’équipe médicale) un petit garçon échappe aux rafles qui emportent sa famille vers Auschwitz et la mort. Grâce à la sollicitude d’un médecin, incarné par Philippe Torreton, qui cache la judéité du petit garçon, sa maladie devient une chance. Un renversement qui signe le bouleversement désespéré de cette période pendant laquelle la seule certitude viable est la constance du praticien. 

Promesses

En écho à ces portraits de médecins, on découvrira dans le roman de Jim Shepard, La vie d’Aron, celui de Janusz Korczak. Ce pédiatre ayant réellement existé était avant la guerre un médecin réputé en Pologne, en raison notamment de son engagement pour les droits de l’enfant. Au sein du ghetto de Varsovie, comme le raconte le récit de Jim Shepard le praticien se consacra aux jeunes orphelins. Il refusa toutes les tentatives de ses amis proches pour le faire sortir de cet enfer : les faux papiers, les cachettes, les fuites. Il souhaitait demeurer auprès de ces enfants abandonnés de tous. Et c’est ainsi qu’il accompagna les jeunes orphelins jusqu’au lieu où ils furent assassinés ensemble. En refusant de renoncer aux promesses qu’il s’était fait à lui-même.

Cinéma :

Tu ne tueras point, de Mel Gibson, sortie le 9 novembre, 2h11
Les enfants de la chance, de Malik Chibane, sortie le 30 novembre, 1h35

Roman :

La vie d’Aron, de Jim Shepard, éditions de l’Olivier, 231 pages, 21 euros

Aurélie Haroche

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