Malheureusement pas seulement de la science fiction

Paris, le samedi 12 avril 2014 – Le théâtre Hébertot à Paris reprend une pièce qui a rencontré un grand succès (mérité) fin 2012 au Studio des Champs-Elysées. Adaptée d’une nouvelle de science fiction de Daniel Keyes qui a connu des reprises multiples et variées, « Des fleurs pour Algernon » doit beaucoup au talent de son unique comédien, Grégory Gadebois. Ce dernier incarne Charlie, un simple d’esprit sur lequel des médecins et scientifiques entreprennent une expérience déjà conduite sur une souris (Algernon) : une opération du cerveau devant lui permettre de gagner une intelligence très supérieure à la moyenne. C’est ainsi que Charlie passe de la "simplicité" au génie, offrant à Grégory Gadebois la possibilité de révéler toute la palette de son talent. Mais bientôt, comme Algernon, Charlie décline. Le texte et la prestation d’acteur révèlent derrière l’argumentaire de science fiction une réflexion profonde sur notre humanité, notre solitude, notre rapport aux autres. « Des fleurs pour Algernon » est donc très loin d’être uniquement une œuvre de science fiction.

A l’attaque

Ce genre a de fait souvent été utilisé pour transmettre des messages sur notre condition. Sans aller jusque là, au Futuroscope de Poitiers, on utilise des moyens de science fiction pour transmettre des messages sur nos ennemis les virus. En association avec l’INSERM, le parc d’attractions futuriste propose depuis le 15 février un « film dynamique », « Virus Attack », qui nous permet de suivre le parcours d’un virus (ici le fictif Hypnos D 44). Les spectateurs, installés sur des sièges animés par des vérins hydrauliques, sont comme embarqués à bord d’un drone miniaturisé pour se frayer un chemin dans le sillage du virus. Cette aventure utilise des images de l’INSERM et grâce à un brin de science fiction permet de découvrir la réalité du corps humain.

Hallucinant

Mise au service de grandes et petites causes, la science fiction n’est parfois qu’un artifice scénaristique. C’est le cas dans la nouvelle série proposée par M6 tous les jeudi intitulée « Perception ». Ici, le héros, Daniel Pierce (interprété par l’acteur canadien Eric McCormack) souffre de schizophrénie. La maladie qui touche ce professeur de neurosciences de l’Université de Chicago provoque de nombreuses hallucinations, hallucinations qu’il met au service du FBI pour élucider les enquêtes les plus insolubles, au côté de la charmante Kate Moretti ! C’est pour bénéficier du don de déduction que lui offre la maladie que Daniel Pierce refuse de prendre son traitement et qu’il tente de contrôler sa maladie par une multitude de rituels et une hygiène de vie très stricte (rigueur qui l’empêche de céder à son amour naissant pour la belle Kate…). Bien sûr, la possibilité de maîtriser ainsi la schizophrénie relève malheureusement de la science fiction, ce qui, on l'espère n’échappera pas aux téléspectateurs.

Alarmant

Il est peu de dire que l’on préférerait que la schizophrénie ne soit qu’une pathologie inventée par la science fiction pour permettre aux agents du FBI de télévision de résoudre leurs investigations. Ce que nous décrit « Une histoire banale », nouveau long métrage d’Audrey Estrougo, n’est également malheureusement pas de la science fiction. L’héroïne, Nathalie, jeune infirmière épanouie qui s’apprête à emménager avec son fiancé, voit sa vie brisée par un viol, commis par un collègue de travail. A travers ce film chirurgical, la réalisatrice engagée Audrey Estrougo a voulu raconter la descente aux enfers de ces milliers de femmes qui chaque année en France sont victimes d’un viol. Difficile de croire qu’un jour cela puisse relever de la science fiction.

Théâtre :
« Des fleurs pour Algernon », d’après une nouvelle de Daniel Keyes, théâtre Hébertot, 78 bis  boulevard des Batignolles, 75017 Paris, jusqu’au dimanche 4 mai

Exposition/attraction :
« Virus Attack », Futuroscope de Poitiers, Avenue du Téléport, 86360 Chasseneuil-du-Poitou

Télévision :
M6, « Perception », tous les jeudi à 20h50

Cinéma :
« Une histoire banale », d’Audrey Estourgo, sortie le 9 avril, 1h22

Aurélie Haroche

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